L'absence prolongée de Paul Biya, qui dure depuis 45 jours, alimente les interrogations sur la continuité du pouvoir au Cameroun et a conduit le RDPC à tenir une réunion exceptionnelle de ses cadres. Alors que l'opposition appelle à un examen de la situation par le Conseil constitutionnel et à des garanties sur le fonctionnement des institutions, le pouvoir poursuit sa communication officielle sans apparition publique du chef de l'État, alimentant les spéculations sur la gouvernance et l'après-Biya.
LE PAYS EN PILOTAGE AUTOMATIQUE ? L'absence prolongée de Paul Biya force le RDPC à une réunion de crise inédite !
Ce mercredi 22 juillet 2026, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a convoqué une réunion exceptionnelle de ses cadres à Yaoundé. La cause est au centre de toutes les interrogations : le président Paul Biya, âgé de 93 ans, est absent du pays depuis le 7 juin 2026, date à laquelle il a quitté le territoire pour un « court séjour privé en Europe ». Quarante-cinq jours plus tard, l'absence prolongée du chef de l'État relance vigoureusement le débat sur la continuité de l'exécutif.
Le décryptage politique et institutionnel
En analyse du risque institutionnel, ce silence prolongé n'est pas qu'un sujet de rumeurs, c'est une crise de gouvernance latente qui impacte la visibilité du pays.
L'inquiétude du parti au pouvoir : La session de travail convoquée par Jean Nkuété, secrétaire général du RDPC, révèle la fébrilité d'un système politique entièrement bâti autour d'un hyper-président devenu temporairement invisible. Bien que le parti tente de rassurer l'opinion et de ne pas spéculer sur la santé du président, la pression monte autour d'une possible vacance de fait du pouvoir.
L'offensive de l'opposition et le spectre de la vacance
Face à ce vide, l'opposition est montée au créneau. Le député Jean-Michel Nintcheu a publiquement invité le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir. De son côté, l'UDC a appelé à sécuriser la continuité de l'État, rappelant que la stabilité d'une République ne peut reposer sur des suppositions, mais doit être garantie par des institutions pleinement opérationnelles.
La communication de façade
Pour maintenir une illusion de normalité, les canaux officiels de la présidence continuent de publier des correspondances diplomatiques, comme les récentes félicitations adressées au président français Emmanuel Macron à l'occasion du 14 juillet. Mais sans apparition publique ni prise de parole directe, la question de l'organisation de l'après-Biya s'est définitivement installée au cœur du débat public.
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