Actualités of Friday, 21 August 2026

Source: www.camerounweb.com

VIDEO : Pourquoi les images du retour de Paul Biya suscitent-elles des soupçons de manipulation

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Diffusées avec un léger différé, contrôlées par le cabinet civil, les images du retour de Paul Biya à Yaoundé suscitent des soupçons de manipulation. Selon une enquête de Jeune Afrique, la communication présidentielle chercherait à préserver l'image d'un président pleinement maître de ses mouvements, en dissimulant notamment ses difficultés de mobilité liées à des douleurs persistantes au genou. Paul Biya aurait quitté l'Airbus sur le côté droit de l'appareil, à l'aide d'un dispositif de levage spécialement mobilisé pour lui éviter l'escalier, une opération qui n'aurait pas été filmée par la CRTV, seul média autorisé à couvrir l'arrivée sur le tarmac. La chaîne publique, dont les équipes sont formées à la couverture des événements présidentiels, aurait conservé la maîtrise des images diffusées, ne retenant que les séquences conformes au récit officiel. Ces soupçons s'ajoutent à l'absence d'explications détaillées sur les 74 jours passés à Genève, alimentant les interrogations sur l'état de santé réel du chef de l'État.





Les images et vidéos diffusées jeudi 20 août 2026 par la CRTV et le cabinet civil de la présidence, à l'occasion du retour de Paul Biya à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, ont suscité de nombreuses interrogations. Ces doutes s'expliquent notamment par la longue absence du chef de l'État, restée 74 jours à Genève, ainsi que par le contexte politique particulièrement tendu des dernières semaines.

Paul Biya avait quitté le Cameroun le 7 juin 2026. La durée exceptionnelle de son séjour en Suisse a alimenté de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux et dans les médias, certaines évoquant même une dégradation de son état de santé, voire son décès ou son incapacité à exercer ses fonctions.
À ces spéculations s'ajoute le contrôle étroit exercé par la présidence sur les images du chef de l'État. Selon une enquête de Jeune Afrique, la communication présidentielle chercherait à préserver l'image d'un président pleinement maître de ses mouvements et de la situation politique, en dissimulant notamment ses difficultés de mobilité, liées entre autres à des douleurs persistantes au genou.

La télévision publique camerounaise diffuse par ailleurs les déplacements présidentiels avec un léger différé. Ce dispositif permet de sélectionner les séquences diffusées et d'écarter celles qui pourraient être jugées embarrassantes, comme un faux pas ou une difficulté à marcher.
D'après les informations rapportées par Jeune Afrique, Paul Biya descendrait discrètement de l'Airbus affrété pour son voyage, sur le côté droit de l'appareil, à l'aide d'un dispositif de levage spécialement mobilisé pour lui éviter l'escalier. Cette opération n'aurait pas été filmée par les équipes de la CRTV, seul média autorisé à couvrir l'arrivée sur le tarmac du pavillon présidentiel de l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen.
La chaîne publique, dont les équipes sont formées à la couverture des événements présidentiels, aurait ainsi conservé la maîtrise des images diffusées. Le léger différé aurait permis de ne retenir que les séquences conformes au récit officiel du retour présidentiel.
Cette gestion minutieuse de la communication vise à préserver le secret entourant les véritables raisons du séjour prolongé de Paul Biya en Suisse. Le gouvernement a régulièrement démenti les informations faisant état d'une hospitalisation, tandis que son entourage répétait le même argumentaire : « Le président n'est pas malade, il travaille. »

Toutefois, selon les informations citées par Jeune Afrique, Paul Biya aurait effectivement subi une intervention chirurgicale au genou, une articulation qui le souffrirait depuis plusieurs années et limiterait sa mobilité. Cette opération aurait été recommandée depuis longtemps par ses médecins, mais rapportée jusqu'à ce que les conditions soient jugées favorables.
Ainsi, les soupçons ne portent pas uniquement sur les images diffusées, mais aussi sur l'ensemble du dispositif entourant le retour présidentiel : accès limité au tarmac, contrôle des prises de vue, diffusion en différé et absence d'explications détaillées sur les 74 jours passés à Genève. Autant d'éléments qui alimentent les interrogations sur l'état de santé réel de Paul Biya et sur la volonté des autorités de contrôler strictement son image publique.