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General News of Friday, 16 February 2018

Source: camer24.de

Université de Yaoundé 2: comprendre la guerre des doctorats

Le recteur Adolphe Minkoa She a annulé mardi dernier une thèse de doctorat professionnel encadrée par Magloire Ondoa, le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques.

Le recteur de l’Université de Yaoundé II, Adolphe Minkoa She est en colère. Magloire Ondoa, doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) dans la même université, est au centre de son courroux. Le recteur vient d’annuler une thèse de doctorat professionnel soutenue le 8 février 2018 par Gilbert Ngomou, ex-Directeur des affaires générales au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique, récemment remis à son administration d’origine par décret du Premier ministre.

Cette thèse encadrée notamment par Magloire Ondoa avait comme thème : « Commande publique et gouvernance au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique. » Dans une correspondance adressée le 13 février 2018 au doyen de la Fsjp, le recteur dit avoir appris avec étonnement à la Crtv télé « au journal de 20h30 » que l’Université de Yaoundé II aurait procédé à la première soutenance de thèse de doctorat professionnel de cette année.

Dans cette correspondance, Adolphe Minkoa She attire l’attention de son collaborateur sur le caractère «irrégulier » de cette soutenance qui selon lui, est «l’aboutissement d’une démarche frauduleuse» de la part du doyen de la Fjsp.

Adolphe Minkoa She n’a pas hésité à employer des mots assez forts pour qualifier l’attitude de son collaborateur qu’il a qualifié de : « malhonnête, frauduleuse, une provocation, une insubordination caractérisée et violation grossière et délibérée de la réglementation et de l’éthique universitaires. »

Dans cette correspondance adressée à Magloire Ondoa, le recteur de l’université de Yaoundé 2 affirme que le doctorat professionnel tel que soutenu le 8 février dernier par Gilbert Ngomou, n’a aucun fondement juridique, en l’état actuel des textes régissant les études doctorales dans les universités du Cameroun : « Le doctorat professionnel n’ayant aucun fondement juridique, la conséquence logique en est qu’aucune thèse de doctorat professionnel ne peut être soutenue dans une université de l’Etat. Afin d’arriver à vos fins, vous avez en fait usé de ruse, comme d’habitude pourrait-on dire. En effet le 14 novembre 2014, le Pr Oumarou Bouba alors recteur de l’Université de Yaoundé II a signé à votre initiative la décision portant sélection en doctorat professionnel, au titre de l’année académique 2014-2015.

Cette décision qui ne porte pas de visa du vice-recteur chargé de l’enseignement (et pour cause ?), serait le fondement juridique du doctorat professionnel à l’Université de Yaoundé II. Ce qui est purement une hérésie au plan juridique… Ainsi vous prétendez décerner le titre de docteur PhD en droit public à monsieur Ngomou Gilbert qui n’a jamais été autorisé à s’inscrire à l’Université de Yaoundé II en vue de l’obtention dudit titre », précise Adolphe Minkoa She.

Qui a par ailleurs signé une décision annulant la soutenance de la thèse de doctorat (phd) en droit public de Gilbert Ngomou. Magloire Ondoa avait signé le communiqué annonçant la tenue de cette soutenance le 1er janvier dernier. Joseph Bipoun Woum en était le président du jury. Célestin Sietchoua et Lionel Guessele étaient les rapporteurs. Tandis que Magloire Ondoa et Théophile Ndougsa Mbarga étaient membres du jury. Contacté hier soir, Magloire Ondoa a déclaré qu’il n’avait « rien à dire dans cette affaire ».

Une source proche à la Fsjp a néanmoins confié au Jour que « toutes les procédures dans le cadre de cette soutenance ont été respectées. Le doyen de la Fsjp a obtenu une autorisation du recteur. C’est le vice-recteur charge des enseignements qui a reçu l’ordre du recteur de signer une autorisation pour que cette soutenance puisse avoir lieu. Pour l’instant, je pense que c’est un problème qui ne concerne pas le doyen de la Fsjp. Les principales personnes concernées sauront comment gérer cette affaire."