Actualités of Monday, 7 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Une vraie folie : le régime prend une décision qui va beaucoup déranger

Certains parlent de mauvaise décision tandis que d’autres trouvent que c’est une stratégie bien pensée. L’État a déboursé 78 milliards de francs, une dépense qui défraie la chronique.

Le lanceur d’alerte Boris Bertolt dévoile que cet argent a été sorti pour racheter une société qui a 1 000 milliards de francs CFA de dette. Voici les détails du dossier avancés par la source.

Le 19 novembre 2025, l’État signe avec le fonds britannique Actis le rachat de ses 51 % dans Eneo pour 78 milliards de francs CFA. Le 10 février 2026, le paiement des 78 milliards est effectué (sur le budget 2026).

Après cette opération, l’État détient 95 % du capital (les 5 % restants étaient réservés aux employés). Le 4 mai 2026, un décret présidentiel transforme Eneo en Socadel (Société camerounaise d’électricité), société à capital 100 % public. L’État devient actionnaire unique. Le capital social est fixé à environ 43,9 milliards de francs CFA.

Au moment de la reprise, la dette d’Eneo était estimée à environ 800 milliards de francs CFA (certains chiffres circulant vont jusqu’à près de 900-923 milliards selon les estimations élargies, en incluant des engagements et dettes croisées).

Cette dette comprend notamment des dettes importantes envers les fournisseurs, des créances non recouvrées (dont une part significative due par l’État et les administrations publiques elles-mêmes), des dettes envers d’autres entreprises publiques (Sonatrel, EDC, etc.).

L’entreprise avait aussi un déficit structurel important : revenus mensuels autour de 30 milliards contre des charges d’environ 50 milliards. Pourquoi ça pose question en gouvernance ? Le prix de 78 milliards ne représente que le coût d’achat des actions. En reprenant le contrôle, l’État récupère aussi le passif (dette + déficits de fonctionnement).

Les critiques portent sur le poids supplémentaire pour les finances publiques ; la capacité de la nouvelle société publique (Socadel) à redresser la situation (réduire les pertes techniques et commerciales, améliorer le recouvrement, moderniser le réseau) ; le fait que l’État, qui était déjà un mauvais payeur auprès d’Eneo, se retrouve désormais actionnaire unique d’une entreprise plombée en partie par ses propres impayés.

En résumé, l’État a repris le contrôle d’un actif stratégique pour 78 milliards, mais hérite d’une structure très endettée et structurellement déficitaire. Le vrai enjeu de gouvernance est maintenant de savoir si Socadel arrivera à inverser la tendance.

Les risques pour l’État. Il a payé 78 milliards pour les actions, mais hérite d’une dette d’environ 800 milliards de francs CFA (voire plus selon les estimations). L’entreprise générait un déficit d’exploitation d’environ 20 milliards par mois (charges > recettes). Cela représente un poids lourd pour le budget de l’État, déjà sous tension.

Mais pourquoi l’État le fait ? L’électricité est un secteur stratégique. Après plus de 20 ans de gestion privée (AES puis Actis), le gouvernement veut reprendre le contrôle total pour orienter les investissements et les priorités selon ses propres objectifs.


Certains Camerounais qualifient de décision de « véritable bêtise » et de « vraie folie », tristes de devoir voir l’argent du contribuable être dépensé de la sorte.