Actualités of Monday, 2 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Une incroyable dette du ministre Nganou Djoumessi révélée

Inauguré le 30 septembre 2025, le nouvel immeuble siège du ministère des Travaux publics, comme le signale le journal L’indépendant n°1007, dressé dans le nouveau quartier administratif de Yaoundé, a été financé par le Budget d’investissement public (BIP) à 26 milliards de francs CFA.

Mais la réalisation de cet ouvrage cache une réalité financière moins reluisante que sa façade. En effet, les prestataires ayant donné corps à ce projet attendent toujours leur dû. À ce jour, le ministère reconnaît des travaux et réclamations non payées « avec des impayés qui s’élèvent plus de 8,5 milliards de FCFA ».

Ce qui jette une ombre sur la gestion budgétaire de cette infrastructure d'envergure. Le contraste entre l’exécution technique et le règlement financier est saisissant. Alors que le taux de réalisation est de 100 %, le taux de décompte payé stagne à 79,85 %. Ce décalage de plus de 20 % force les services du ministère à recommander au ministre une mobilisation de ressources supplémentaires hors budget initial.

Cette situation fragilise les entreprises partenaires, souvent exposées à des tensions de trésorerie importantes, alors même qu’elles ont respecté leurs engagements contractuels de livraison. Au-delà des impayés, c’est le bilan global de ce chantier qui interpelle.

Lancé en 2014, ce complexe qui aura duré 11 ans pour sortir de terre comprenant 305 bureaux, répartis sur quatre bâtiments, illustre une fois de plus les défis du respect des délais et des coûts dans les grands projets d'infrastructures au Cameroun. Cette affaire de dérapage financier pose la question de la planification réelle des projets "structurants" au Cameroun.

Sinon comment un bâtiment inauguré en grande pompe peut-il encore traîner une dette équivalente au tiers de son coût final ? Selon des observateurs économiques, cette gestion par "rallonge" et ces retards de paiement constituent un frein à la crédibilité de la commande publique et à la vitalité du secteur des BTP local.