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General News of Monday, 31 August 2015

Source: cameroon-info.net

Un projet immobilier divise le Maire et le Préfet de Bangangté


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Il y a quelques mois, le maire de Bangangté, Célestine Ketcha Courtès, a entrepris la construction d’un immeuble en face de la préfecture de la ville. Un projet qu’a interrompu le préfet du département du Ndé, Ernest Samuel Christian Ebelle, arguant qu’il occupe un domaine privé de l’Etat du Cameroun.

Dans son édition du lundi 31 août 2015, le quotidien Mutations fait échos de guéguerre qui plomberait le développement local dans la région. En effet, en date du 5 août dernier, le préfet du Ndé, Ernest Samuel Christian Ebelle, a signé une correspondance qui porte sur l’ « arrêt des travaux » de construction d’un bâtiment en matériaux définitifs, en face du centre départemental des finances à Bangangté, objet d’un financement conjoint de la Banque africaine de développement (Bad), l’Etat du Cameroun, le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) et la commune de Bangangté, dans le cadre du Projet d’alimentation en eau potable et assainissement en milieu semi-urbain (Paepa-Msu).

Mutations indique que les travaux qui y étaient exécutés devaient aboutir, d’ici à la fin de cette année, à la construction d’un « complexe à toilette genrée » doté d’une cafétéria, pour accompagner un autre projet en cours, visant à aménager un espace de loisirs pour les populations. Pour le préfet, cet espace convoité par la mairie est un domaine privé de l’Etat. Dans les extraits de sa correspondance relayés par le journal, on peut lire ce qui suit :

« Je tiens à vous rappeler que cet espace fait partie du domaine privé de l’Etat du Cameroun -titre foncier 1295/Ndé - et n’a jamais été affecté à la commune. Bien plus, vous n’avez introduit aucun dossier dans ce sens (…) De même, cette manière peu cavalière d’agir d’une autorité municipale dans le contexte sécuritaire de l’heure me paraît inopportune d’une part et constitue une grosse entorse à la vision du gouvernement de la République qui, depuis toujours, a réservé ce site au profit d’un espace vert déjà attendu des populations d’autre part (…) Arrêter sans délai les travaux sus-évoqués et de démolir l’existant au risque de me contraindre à recourir aux voies de droit prévues par la réglementation ».

En réponse, le maire de Bangangté, Mutations indique que Célestine Ketcha Courtès est sortie de sa réserve habituelle, dans un courrier adressé le 10 août 2015 au préfet, pour dire que la commune n’est que bénéficiaire de ce projet dont le maître d’ouvrage est le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee).

Elle précise également que la construction engagée « n’emporte pas de transfert de propriété du site à la mairie qui est bénéficiaire des projets émanant des compétences transférées ou des fruits de la coopération (…) Cet ouvrage est similaire aux latrines construites dans le cadre de ce même projet dans cinq écoles primaires de la commune de Bangangté, à l’entrée du marché A, à l’Hôpital de district de Bangangté, dans les centres de santé et même en face de la maison du parti Rdpc de Bangangté, devant laquelle vous passez tous les jours, sans heureusement que cela vous ait interpellé, alors que ce site reste la propriété de l’Etat camerounais (…) Dans l’intérêt général, reprenons nos esprits et pour des besoins de parallélisme de forme, ressaisissez le chef de chantier à qui vous avez notifié cet arrêt des travaux pour qu’il reprenne en toute quiétude cette construction, plus que justifiée pour nos populations (…) Il est par conséquent évident, M. le préfet, qu’une injonction ou une tentative de destruction, que nous ne saurions cautionner, serait ahurissante pour nos administrés et constituerait à l’évidence un abus d’autorité, ravageur pour l’image de l’administration et vecteur de trouble à l’ordre public pour ces populations qui, dès l’annonce d’un jardin public, ont exprimé le vœu de voir un ouvrage d’assainissement ».

Selon Mutations, si l’arrêt des travaux se poursuit, les fonds alloués devraient retourner à la Bad. A en croire le journal, la maire de Bangangté soupçonne sa tutelle de vouloir la fragiliser, notamment en « montant » des conseillers municipaux contre le chef de l’exécutif municipal, ou en essayant de « bloquer » des projets pouvant permettre au maire d’avoir la côte auprès des populations.

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