Actualités of Sunday, 18 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Un pays à part : l'impensable se produit à Maroua

N’zui Manto dénonce la machine répressive de la ville de Maroua. Dans une nouvelle sortie sur les réseaux sociaux, le lanceur d’alerte écrit que la ville de Maroua « n’est plus la même depuis les élections volées du 12 octobre 2025 ».

Entre kidnappings, enlèvements, exécutions et emprisonnements, une véritable machine mise en place broie toute personne hostile au régime de Yaoundé. La sécurité militaire aux ordres du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord agit telle une gestapo, opère à la tombée de la nuit, kidnappant opposants, militants et activistes politiques actifs dans les réseaux sociaux.

C’est le cas du secrétaire général du Front national pour le salut du Cameroun (FNSC), Hassan, aujourd’hui devant le tribunal militaire, kidnappé et torturé pendant deux semaines dans les locaux de la sécurité militaire sise sur la route de Pitoaré tout juste après la CNPS.

Le commissariat de Bamaré à Maroua 2 s’est transformé en une chambre de tortures où nuitamment sont conduits de jeunes hommes dont l’âge varie entre 17 et 27 ans. Abdousalam et Djoudadou, les bras cassés, y sont ressortis vivants après avoir versé une forte somme d’argent au commissaire.

Mazou Ahmadou n’a pas eu cette chance-là. Fils d’un richissime homme d’affaires, il a été kidnappé dans la nuit alors qu’il était sorti de son domicile pour acheter des serviettes pour son épouse. Torturé, il a été jeté à la prison de Maroua en sang. L’intervention de son père auprès du gouverneur n’a abouti à rien.

Le gouverneur s’appuie également sur le lamido de Maroua Abdoulaye Yerima pour neutraliser la dissidence. Le chef traditionnel régulièrement interpellé par le gouverneur sur les « jeunes qui dérangent » passe par son bras droit, le nommé Mohaman Saïne, enseignant de formation pour communiquer avec son interlocuteur. Son intermédiaire constamment en contact avec l’autorité palie le vide intellectuel du lamido.

Me Boussouma, l’avocate du diable aux ordres du gouverneur est chargée d’enfoncer devant la Justice les citoyens kidnappés dans la rue ou à leurs domiciles. L’experte pour contourner le droit.

Le député Salmana Amadou Ali, rejeté par la population suite à son départ du FNSC pour se rapprocher du RDPC, a constitué une milice de jeunes, armés de machettes pour assurer sa sécurité. Ces jeunes ont un double rôle, celui du « doigtage » qui consiste à cibler les militants du FNSC et autres opposants afin de les livrer au lamido, au gouverneur, à la sécurité militaire.