Les crimes commis par les corps habillés deviennent de plus en plus nombreux. Les noms des villes changent, mais le scénario, lui, est étrangement similaire. La moindre dispute dans le couple fait dégainer l'arme qui est ensuite utilisée pour tuer ou faire très mal.
Le mal a atteint son paroxysme à tel point que plusieurs jeunes filles/femmes disent avoir peur désormais de se mettre en couple avec les hommes en tenue. Combien de coups de feu n'a-t-on pas entendus ces derniers mois ? Au sol, une épouse, une compagne ou une petite amie qui se vide de son sang, abattue par celui qui avait juré de protéger les citoyens, souvent avec son arme de service.
À Ntam, endroit qui se trouve dans la région du l'Est, le pire s'est encore répété. À 4 heures ce matin, le gendarme Essindi, en service au poste de gendarmerie de Mbala II, a abattu sa petite amie Eyenga.
Il l'a tué devant son fils âgé de dix ans. Certaines sources avancent que l'enfant est d'eux, tandis que d'autres affirment qu'il l'a eu avec une autre femme. Le meurtrier a par la suite retourné son arme contre lui. Selon nos décomptes, il s'agit là de la quatrième femme tuée cette semaine dans le pays, un chiffre que confirme le lanceur d'alerte N'zui Manto.
Une petite curiosité poussée nous a permis de savoir que derrière ce crime se trouve le gendarme qui n'avait pas accepté que sa copine mette un terme à leur relation. Il lui a donc tiré dessus à 4 reprises à bout portant avant de se donner lui-même la mort.
La répétition de ces faits impliquant des éléments de la gendarmerie ou de l'armée nationale interpelle la société civile et pose de graves questions de santé mentale et de discipline institutionnelle. Pendant longtemps, l'on a rangé ces meurtres sous la bannière de crime passionnel, mais il s'agit avant tout de féminicides et d'abus de pouvoir domestique.
Qu'il n'échappe plus à personne que le mobile, qu'il s'agisse d'un soupçon d'infidélité ou même d'une infidélité avérée, d'une rupture mal acceptée ou d'une simple contradiction quotidienne, ne justifie en rien le recours à la force létale. L'uniforme et l'arme deviennent des prolongements d'un besoin de domination masculine poussé à son paroxysme et les auteurs de ses actes doivent s'exposer à la rigueur de la loi.









