Actualités of Sunday, 6 September 2026
Source: www.camerounweb.com
C'est une charge en règle qui a fait vibrer la toile. Un professeur d'économie politique du sport à l'Université de Genève, spécialiste de la gouvernance sportive internationale et conseiller à la FIFA, s'est invité sur la page même de Mathias Eric Owona Nguini pour lui administrer une leçon de réalisme. Son réquisitoire est sans appel : le politologue camerounais « raisonne en hors-sol », ignore les arcanes du lobbying et de la diplomatie d'influence qui façonnent le football mondial, et confond surtout l'outil — le programme FIFA Forward — avec la finalité. Loin d'être une simple vassalité, ce dispositif serait, selon lui, une opportunité historique pour l'Afrique, à condition de savoir l'utiliser comme le fait Samuel Eto'o. Une passe d'armes intellectuelle qui oppose la théorie des amphithéâtres à la réalité des arbitrages et des coalitions, et qui interroge sur la véritable marge de manœuvre du football africain dans un système mondialisé.
Un professeur d'économie politique du sport à l'Université de Genève et spécialiste de la gouvernance sportive internationale à la FIFA martyrise Mathias Eric Owona Nguini sur sa propre page.
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Mathias Eric Owona Nguini c’est que vous confondez outil et finalité.
FIFA Forward est un outil. Ce qu’on en fait dépend de nous. Si on se contente de vendre des joueurs, c’est notre faute. Si on utilise l’argent pour créer des ligues professionnelles, des académies, des droits TV, c’est aussi grâce à cet outil. Eto'o l’a compris. Vous, non.
Au-delà de cela, Professeur, votre analyse trahit une méconnaissance structurelle des arcanes de la gouvernance sportive internationale. Vous raisonnez en politologue, hors sol. Or vous n’avez jamais exercé de fonction dirigeante, ni managériale, au sein d’une institution sportive de premier plan. Vous n’évoluez pas dans les cercles de décision de la FIFA, de la CAF ou des fédérations nationales. Vous n’avez donc pas la maîtrise des logiques de lobbying, de répartition des ressources, de calendrier électoral et de diplomatie d’influence qui structurent le football mondial. Vous vous contentez de plaquer des grilles théoriques forgées en amphithéâtre pour séduire un auditoire profane, incapable de distinguer une motion de procédure d’un programme de développement. La haute administration du sport ne se réduit pas à des concepts. Elle s’incarne dans des arbitrages, des coalitions et des résultats concrets.
La traite dont vous parlez existait déjà avant Infantino. Elle existait quand l’Europe venait piocher gratuitement parce que nos fédérations étaient fauchées. Aujourd’hui, pour la première fois, l’Afrique a 10 places au Mondial. Pour la première fois, l’argent suit. Pour la première fois, un Africain comme Eto'o est assis à la table où se décident les règles.
Refuser FIFA Forward sous prétexte de dignité, c’est condamner nos jeunes à rester dans la rue en attendant la "grande théorie" qui viendra nous sauver.