L’hydrogène vert possède une qualité rare : il relie l’eau, l’électricité renouvelable, l’industrie et le stockage. Il possède aussi un défaut majeur : son coût peut transformer très vite une promesse scientifique en mirage industriel.
La Faculté des sciences de l’Université de Dschang accueille du 8 au 10 septembre une conférence soutenue par le DAAD sur l’avenir de l’hydrogène vert. Chercheurs, ingénieurs, administrations, investisseurs, étudiants et société civile y examinent production, matériaux, usages et politiques énergétiques.
Produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable, l’hydrogène vert peut alimenter certains procédés industriels, le transport lourd ou le stockage saisonnier. Le Cameroun dispose d’atouts hydriques, solaires et côtiers, mais il doit arbitrer entre exportation éventuelle et besoins énergétiques locaux.
L’électricité renouvelable utilisée pour fabriquer l’hydrogène ne doit pas aggraver les déficits du réseau. Les besoins en eau, les infrastructures portuaires, le coût de l’électrolyse et les règles de sécurité imposent aussi une analyse de cycle complet. Tous les usages ne seront pas économiquement pertinents.
La conférence sera utile si elle produit une carte des ressources, des projets de recherche et un cadre pour des pilotes limités. Avant les annonces d’usines, le Cameroun doit identifier les secteurs où l’hydrogène apporte une valeur que l’électrification directe ne fournirait pas moins cher.









