L’affaire qui oppose le vice-amiral Joseph Fouda à Parfait Mbapou et consorts connaît un nouveau rebondissement. Selon des informations exclusives, le colonel à la retraite Joël Émile Bamkoui, ancien patron de la Sécurité militaire (SEMIL), a été entendu au Secrétariat d’État à la Défense (SED). Une audition qui confirme l’implication croissante d’anciens cadres de l’appareil sécuritaire dans ce dossier aux allures de guerre de services.
Le feuilleton judiciaire et politique autour du vice-amiral Joseph Fouda s’enrichit d’un nouvel épisode. Selon nos informations, le colonel à la retraite Joël Émile Bamkoui, figure emblématique de l’appareil sécuritaire camerounais et ancien commandant de la Division de la Sécurité Militaire au ministère de la Défense, a été convoqué et entendu au SED dans le cadre de l’affaire opposant le conseiller spécial du président Paul Biya à l’homme d’affaires Hervé Parfait Mbapou.
La convocation du colonel Bamkoui ne constitue pas une surprise totale. Dès août 2025, des sources concordantes indiquaient que son nom, ainsi que celui d’un président de fédération sportive, avaient été cités lors des auditions et confrontations préliminaires. Des convocations auraient alors été préparées pour ces deux personnalités afin qu’elles s’expliquent .
Mais l’implication du colonel Bamkoui dans les ramifications de cette affaire remonte à bien plus loin. En octobre 2024, une enquête de Jeune Afrique révélait que l’affaire Longue Longue — du nom de l’artiste camerounais victime de sévices — dissimulait en réalité une lutte de pouvoir féroce au sein des services de sécurité. Le journal indiquait que le colonel Bamkoui, principal accusé après la diffusion d’une vidéo de torture, était considéré par ses partisans comme la cible d’une opération de déstabilisation menée par des réseaux proches de Joseph Fouda au SED .
Une audition qui éclaire la guerre des services
Cette audition du colonel Bamkoui s’inscrit dans un contexte où l’affaire Fouda-Mbapou dépasse largement le cadre d’une simple escroquerie par usurpation d’identité. Elle met en lumière des rivalités profondes au sein de l’appareil sécuritaire camerounais, où plusieurs clans s’affrontent pour le contrôle des leviers de pouvoir et l’accès au sérail présidentiel.
Le nom du colonel Bamkoui avait également refait surface en juillet 2026, lorsqu’un enregistrement audio attribué à une conversation entre Joseph Fouda et Parfait Mbapou avait fuité sur les réseaux sociaux. Dans cet échange, Mbapou évoquait les propos d’un marabout nigérian nommé Khalifa, présenté comme « proche de l’ancien patron de la SEMIL, le colonel Bamkoui ». Selon ces propos, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence, aurait « mystiquement barricadé » Paul Biya, contrôlant ainsi l’accès au chef de l’État .
Le contexte : 15 mandats d’arrêt et une affaire tentaculaire
Cette nouvelle audition intervient quelques jours seulement après que le Tribunal militaire de Yaoundé a délivré 15 mandats d’arrêt contre des personnes impliquées dans cette procédure, toutes actuellement en fuite et activement recherchées par la justice militaire . Le vice-amiral Joseph Fouda accuse Parfait Mbapou et d’autres personnes d’avoir usurpé son identité pour mener des activités frauduleuses.
Mais l’affaire a pris une dimension politique considérable. La nièce de la première dame serait impliquée dans cette affaire , et les ramifications s’étendent jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Selon Jeune Afrique, Paul Biya aurait même chargé le colonel Beko’o Abondo, commandant de la Garde présidentielle, d’une enquête parallèle pour « percer le mystère de l’affaire Mbapou » .
Des interrogations en suspens
L’audition du colonel Bamkoui au SED soulève plusieurs questions. Que savait-il exactement des agissements du réseau présumé ? Quel rôle a-t-il joué dans les rivalités qui ont déchiré les services de sécurité ? Et surtout, cette convocation marque-t-elle une nouvelle étape dans l’élargissement du cercle des personnalités impliquées ?
Pour l’heure, ni le SED ni l’entourage du colonel Bamkoui n’ont communiqué officiellement sur cette audition. Une chose est certaine : l’affaire Fouda-Mbapou continue de révéler les failles et les tensions qui traversent l’appareil sécuritaire et politique camerounais, confirmant que le dossier est loin d’avoir livré tous ses secrets.









