Face à la longue attente des Camerounais de la nomination d’un vice-président, conformément aux dispositions de la nouvelle version de la constitution camerounaise, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), l’honorable Cabral libii vient de s’adresser au président de la République, Paul Biya et à l’ensemble du peuple camerounais dans un discours empreint d’autorité.
Dans son adresse, Cabral libii exprime d’abord sa préoccupation face aux violences, aux féminicides, aux révélations controversées et aux affaires judiciaires qui alimentent le climat politique camerounais. Il estime que ces crises traduisent une perte de contrôle au sommet de l’État et interpelle directement Paul Biya sur la nécessité d’activer la fonction de vice-président créée par la récente révision constitutionnelle.
S’appuyant sur son interprétation des articles 5, 8 et 10 de la Constitution révisée, le député à l’Assemblée nationale présente le vice-président comme un assistant constitutionnel, dont les pouvoirs est principalement dérivés d’une délégation du président. Il considère que sa nomination doit avant tout reposer sur la confiance, la loyauté, la discrétion et l’expérience. Il appelle ainsi Paul Biya à nommer rapidement une personne de confiance à ce poste, estimant que cette assistance permettrait de renforcer le fonctionnement de l’État et de réduire les tensions liées à la succession au sommet du pouvoir.
La rédaction de CamerounWeb vous propose, ci-dessous, l’intégralité du discours
Mes chers compatriotes, Je commence par adresser mes sincères condoléances à toutes les familles endeuillées par des attaques lâches contre des innocents perpétrées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que par les féminicides crapuleux pour lesquels le gouvernement doit mettre tout en œuvre afin que des sanctions exemplaires soient prises contre les auteurs. Camerounais, Camerounaises, Depuis quelques mois, le Cameroun se lève et se couche au rythme de toutes sortes de révélations, accusations et dénonciations, les unes aussi terrifiantes que les autres. Ceux qui relaient ces informations sur les réseaux sociaux prétendent les obtenir des services sécuritaires ou de la haute administration.
Des responsables organisent, selon toute vraisemblance, ces fuites glaçantes en vue d'exposer et de jeter à la vindicte populaire leurs adversaires. L'assassinat de Martinez Zogodon, le procès tirant longueur, la mort du père Ola Bebe ou du ministre Dodo Ndoke restent des mystères. La lourdeur et la gravité de certaines allégations relatives à ces sujets au regard de leur portée au sein de l'opinion obligent des enquêtes sérieuses afin que justice soit dite.
Et pendant que se succèdent toutes ces affaires insupportables, ce sont désormais des condamnations financières internationales en cascade dans divers procès qui nous tombent dessus. J'avais dénoncé à l'époque, vous vous en souvenez sans doute, les agissements de certains de nos dirigeants. Les enfants chantent. Le jour des résultats, les larmes vont couler. Nous sommes aujourd'hui face aux résultats de l'inconséquence et de l'irresponsabilité. On se demande si le Président de la République, garant de la paix et de la stabilité malgré son expérience d'homme d'État et d'homme politique, n'est pas débordé.
Justement, Monsieur le Président de la République, vous avez fait modifier l'article 5 de la Constitution pour créer un poste de vice-président qui, selon les termes désormais consacrés, peut être pourvu afin de vous assister. L'institution du vice-président n'est donc pas une simple convenance politique. Elle érige un véritable régime juridique d'assistance.
À notre entendement toutefois, après cette réforme, le titulaire de la fonction présidentielle au Cameroun demeure exclusivement le Président de la République. Le vice-président n'est donc pas un co-titulaire de l'exécutif présidentiel. Il est un auxiliaire constitutionnel.
L'article 10 de la Constitution le précise. Le Président de la République nomme le vice-président, fixe ses attributions et peut mettre fin à ses fonctions. On est donc juridiquement dans une logique de subordination fonctionnelle, de dépendance étroite dans l'exercice de ses fonctions parce que l'assistance n'octroie aucun pouvoir constitutionnel autonome sauf en cas de délégation.
L'article 10 alinéa 2 prévoit justement que le Président de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs au vice-président, mais également au Premier ministre, aux autres membres du gouvernement et même à d'autres hauts responsables de l'administration. C'est ainsi que le vice-président peut recevoir mandat, par exemple, de présider le Conseil des ministres ou le Conseil supérieur de la magistrature, de représenter le chef de l'État aux cérémonies, de conduire certaines négociations de haute portée. Ainsi, il décharge matériellement le Président de la République.
La Constitution prévoit également, à l'alinéa 3 du même article 10, qu'en cas d'empêchement temporaire du Président, celui-ci, je cite, charge le vice-président, le Premier ministre ou un membre du gouvernement d'assurer certaines de ses fonctions dans le cadre d'une délégation express. Et ceci est fondamental, le vice-président ne devient pas automatiquement titulaire de l'ensemble des pouvoirs présidentiels parce que le Président est momentanément indisponible. Il faut au préalable une délégation express.
Cela étant dit, il est aisé de comprendre que l'assistance n'est pas en elle-même une habilitation générale à exercer les pouvoirs présidentiels. Ce d'autant que la Constitution révisée ne définit pas une liste de compétences propres du vice-président comparables à celles du Président lui-même ou du Premier ministre. Le vice-président n'est donc pas un fonctionnaire ordinaire des administrations ou un simple collaborateur chargé de tâches administratives de routine.
Ces actes engagent le Président de la République, qui reste le seul responsable devant la nation. L'assistant est Paul, le titulaire. L'assistant n'a pas de pouvoir propre originaire.
Il a un pouvoir dérivé, délégué et encadré. Le vice-président est donc de ce fait un très proche, un confident, une personne de totale confiance, ayant de préférence une très grande connaissance et expérience (4:44) de la gestion du pouvoir. C'est une relation de confiance personnelle.
On ne nomme pas un assistant obligatoirement sur la base d'équilibres régionaux ou de compétences technocratiques, mais sur la base de la loyauté et de la discrétion absolue. Chers compatriotes, le Président Paul Biya a 94 ans, ce qui est une grâce, mais à cet âge, il devient difficile pour un humain d'avoir la plénitude du contrôle sur la charge qui est la sienne. L'article 8 de la Constitution, qui fait du Président le garant de l'indépendance, de l'intégrité, du territoire et du respect des traités, exige une présence permanente que l'âge, la longévité au poste et la charge ne lui permettent plus d'assumer à 100%.
Nous sommes convaincus que c'est pour cette raison, d'ailleurs, que la Constitution a été révisée. Monsieur le Président de la République, le poste de vice-président, dans le contexte spécifique qui est le nôtre, n'est pas un poste administratif de plus à pourvoir. Vous le savez mieux que nous, au regard de la forme que vous lui avez donnée dans la Constitution.
C'est clairement l'activation juridique d'un régime constitutionnel d'assistance dans le but de protéger la fonction présidentielle elle-même. Nommer un vice-président, c'est juridiquement sécuriser votre magistère. Peu importera sa région d'origine ou son statut, le plus important sera l'exercice d'un droit constitutionnel, celui pour le chef de l'État de choisir son assistant selon le critère fondamental de la confiance.
Monsieur le Président de la République, en 45 ans de magistrature suprême, vous avez sans doute une ou deux personnes qui cochent toutes les cases de la loyauté, de la fidélité, de la discrétion et de l'expérience dans la gestion de l'État. Certes, dans un contexte de crise de l'entourage, nous imaginons la difficulté de l'épreuve du choix, mais il faut choisir. Monsieur le Président de la République, nommer un vice-président, saisissez-vous du dossier des PCA et DG qui sont hors la loi et qui ont pour certains d'entre eux lamentablement échoué.
Permettez à notre pays de s'ouvrir de perspectives neuves. L'issue de l'élection présidentielle de 2025, Monsieur le Président l'impose. Peu importe si certains y liront du favoritisme, du tribalisme ou du népotisme.
Monsieur le Président de la République, nommez le vice-président en qui vous avez totalement confiance. Ce sera votre assistant. Cette assistance redonnera du souffle à l'État et surtout, elle fera cesser les guerres larvées de succession dont les déflagrations détruisent chaque jour un peu plus notre cher et beau pays.
Je vous en conjure, Monsieur le Président de la République, nommez votre vice-président.









