Face aux spéculations grandissantes sur l'état de santé de Paul Biya, invisible depuis son départ pour la Suisse le 7 juin dernier, c'est Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la présidence, qui a été chargé de porter la voix officielle du palais. Dans des propos recueillis par le quotidien français Le Figaro, ce proche influent du chef de l'État s'est employé à balayer les rumeurs les plus alarmistes, sans toutefois parvenir à dissiper tous les doutes.
Selon Le Figaro, Samuel Mvondo Ayolo affirme sans détour que « le président va bien », qu'il « n'est pas et n'a pas été hospitalisé » et qu'il est « au travail ». Une déclaration catégorique qui vise directement les informations circulant sur les réseaux sociaux, évoquant tour à tour une hospitalisation en soins intensifs, un séjour prolongé en maison de repos, voire un décès du chef de l'État. Le proche collaborateur de Paul Biya va jusqu'à qualifier ces spéculations de « chimères », pointant du doigt, sans les nommer précisément, ceux qu'il accuse d'avoir intérêt à les propager.
Une durée de séjour reconnue comme « exceptionnelle »
Fait notable relevé par Le Figaro : sans se départir de sa ligne rassurante, Samuel Mvondo Ayolo concède tout de même du bout des lèvres que la durée de ce séjour helvétique est « exceptionnelle » — avant d'ajouter, dans une formule pour le moins singulière, que rien n'empêcherait de « se priver de l'exceptionnel ». Une manière de reconnaître implicitement le caractère inhabituel de la situation, tout en refusant d'y voir un motif d'inquiétude.
Aucune date de retour communiquée
Interrogé sur la date du retour du président au Cameroun, plusieurs fois annoncée puis reportée sine die selon Le Figaro, le directeur du cabinet civil s'est contenté d'une réponse évasive, invitant simplement à attendre : « Vous le saurez au moment opportun ». Une formule qui, loin de clore le débat, alimente au contraire l'incertitude à laquelle elle était censée répondre.
Le Figaro relève d'ailleurs que cette communication rassurante n'a pas suffi à apaiser les esprits les plus sceptiques. Le quotidien cite un homme d'affaires camerounais qui s'interroge : si le président est réellement au travail, pourquoi aucune photo ni aucune vidéo récente, même anodine, n'a-t-elle été rendue publique pour en attester ? Une question simple, mais à laquelle ni Samuel Mvondo Ayolo ni aucun autre responsable de la présidence n'a, à ce jour, apporté de réponse concrète.
Ce que cette prise de parole met également en lumière, au regard de l'ensemble du dossier tel que documenté par Le Figaro, c'est le caractère relativement isolé de cette communication : peu d'autres figures de poids du régime se sont exprimées avec un niveau de détail comparable, laissant le directeur du cabinet civil porter, presque seul depuis Genève, le poids d'une communication de crise dont l'efficacité reste, pour l'heure, à démontrer.









