L'attente touche peut-être à sa fin. Selon une révélation exclusive du lanceur d'alerte Boris Bertolt — dont les informations sur la sphère présidentielle camerounaise se sont révélées fiables à de multiples reprises —, Paul Biya a déjà arrêté son choix sur la personnalité qui occupera le poste de Vice-Président de la République. Une décision prise dans le secret absolu d'Etoudi — pendant que le pays attendait, que les clans s'affrontaient et que les analystes multipliaient les pronostics.
52 jours d'attente depuis la promulgation
La révélation de Boris Bertolt intervient au 52ème jour depuis la promulgation de la Loi N°2026/002 du 14 avril 2026 réinstituant le poste de Vice-Président — premier depuis 1984. Cinquante-deux jours pendant lesquels le Cameroun a vécu l'une des séquences politiques les plus intenses de son histoire récente. Une séquence où tout s'est emballé simultanément : le malaise de Paul Biya lors de la réception du 20 mai au Palais de l'Unité, documenté en exclusivité par Jeune Afrique. L'évacuation sanitaire en France du chef d'état-major René Claude Meka. La note confidentielle de la CIA sur des risques sécuritaires. L'avion suisse annulé. Et la guerre des clans, féroce et documentée, entre Franck Biya et le tandem Chantal Biya/Ngoh Ngoh.
La guerre des clans qui précède l'annonce
Car si Paul Biya a déjà choisi, c'est après avoir navigué entre des camps aux intérêts radicalement opposés. D'un côté, Franck Biya — qui avait adressé une note directement à son père en février pour exiger la tête du patron de la DGRE, et dont la présence protocolaire devant Ngoh Ngoh lors du défilé du 20 mai avait été interprétée par tous les observateurs comme un signal de faveur présidentielle. De l'autre, Chantal Biya — qui, selon les révélations exclusives de Boris Bertolt, aurait bloqué la nomination de Franck en urgence à la CRTV en avril, et qui pousse depuis ouvertement Oswald Baboké, directeur adjoint du cabinet civil, son homme de confiance.
Jeune Afrique avait listé d'autres prétendants : Philémon Yang, dont le retour mystérieux à Yaoundé et les «consultations discrètes auprès d'acteurs politiques» avaient intrigué les barons du RDPC. Paul Atanga Nji, plébiscité par des jeunes du Noun dans une lettre adressée directement au Chef de l'État. Louis Paul Motaze, salué comme «le plus grand ministre des Finances de la zone CEMAC». Et même Samuel Eto'o, proposé par l'analyste David Eboutou au nom d'une «légitimité des cœurs» que les sondages informels auraient confirmée.
Un choix qui restera secret jusqu'au décret
Boris Bertolt ne révèle pas le nom du choisi. Il révèle la décision — celle que Paul Biya a prise, dans ce palais dont les secrets sont de mieux en mieux gardés depuis que les renseignements américains ont pris le contrôle du dispositif sécuritaire, selon les révélations de Jeune Afrique. Un décret sera signé. Un nom sera lu. Et ce jour-là, l'ensemble des clans qui se sont affrontés pendant des semaines saura qui a gagné — et qui a perdu.
Ce que Boris Bertolt révèle surtout, c'est la fin d'une incertitude qui avait paralysé une partie de l'appareil d'État. Jeune Afrique avait documenté comment cette attente avait produit un immobilisme généralisé : des ambassadeurs bloqués à Yaoundé, des dirigeants d'entreprises publiques qui «ne prenaient plus d'initiative», une Société Générale Cameroun qui perdait 18% de dépôts dans l'expectative du rachat. Un pays suspendu au choix d'un seul homme.
Ce choix est fait. Il reste à l'annoncer. Et ce jour — qui pourrait être imminent — Souley Onohiolo pourra peut-être enfin aller chez le barbier.









