Actualités of Tuesday, 17 February 2026

Source: www.camerounweb.com

URGENT : Nathalie Moudiki humilie proprement Ferdinand Ngoh Ngoh à la SNH

Le ministre Ferdinand Ngoh Ngoh subit un autre revers après l’échec de son plan visant à imposer la société TRANSATLANTIC au port Autonome de Douala pour les opérations de scanning des containers. Il s’agit de son interdiction d’accès à la SNH.

En effet, selon les indiscrétions du lanceur d’alertes Boris Bertolt, la toute puissante Nathalie Moudiki vient d’interdire l’accès des locaux de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) au ministre secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh qui pourtant est le Président du Conseil d’Administration de ladite société.

La seconde personnalité de la SNH aurait intimé l’ordre aux agents des forces de l’ordre et de défense d’empêcher Ngoh Ngoh d’y mettre pieds et de procéder à son arrestation en cas de résistance. Une situation qui rappelle l’humiliation que le couple présidentiel a réservée à Ferdinand Ngoh Ngoh lors de la célébration des 93 de vie Paul Biya. La Conseillère n°2 à la Direction générale de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), Nathalie Moudiki a été installée à la table présidentielle, à proximité de Brenda Biya. Or, le président du conseil d’administration de la SNH n’est autre que Ferdinand Ngoh Ngoh lui-même, également présent à la cérémonie. À l’inverse, Ferdinand Ngoh Ngoh, a été placé parmi les autres invités, à distance du chef de l’État. Une configuration qui, pour de nombreux observateurs, sonne comme un signal politique. Certains y voient l’indice d’un rééquilibrage des rapports de force au sommet de l’État, voire une mise à l’écart subtile.

Il faut rappeler que, depuis 2011, Ngoh Ngoh préside le conseil d'administration de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la compagnie pétrolière nationale qui contribue à hauteur d'environ 60 % au budget national. Il ne s'agit pas d'un rôle purement honorifique. En tant que président, il est le lien entre le président Biya et la société qui contrôle la ressource la plus précieuse du Cameroun. Il est censé être les « yeux et les oreilles » du président en matière d'opérations pétrolières.

En juillet 2024, Ngoh Ngoh a pris une décision qui a révélé son agenda indépendant. Il a obtenu l'autorisation présidentielle de convoquer une réunion extraordinaire du conseil d'administration de la SNH, dans le but explicite de remplacer Adolphe Moudiki, âgé de 86 ans, qui dirigeait la SNH depuis 1993. Moudiki était un allié de longue date de Biya, mais il constituait également un obstacle au contrôle direct de Ngoh Ngoh sur les opérations pétrolières.

Biya a ensuite changé d'avis et bloqué le licenciement. Mais cette tentative a révélé l'ambition de Ngoh Ngoh : il voulait contrôler directement la compagnie pétrolière, et non se contenter de la superviser.

Derrière une façade de modernisation et de féminisation de la SNH, se cache une purge méthodique destinée à verrouiller définitivement le contrôle du groupe pétrolier public.

Initié dans une "relative discrétion" lors du conseil d'administration du 3 décembre, puis entériné entre les 10 et 12 décembre, le remaniement a frappé six postes clés du directoire. Selon les révélations de Jeune Afrique, cette restructuration présentée comme un écho au discours présidentiel sur la promotion des jeunes et des femmes cache en réalité "un renforcement assumé de l'emprise du clan Moudiki sur les centres de décision".

La première victime de cette purge est Igor Emmanuel Soya Bissaya, évincé de son poste stratégique de conseiller numéro deux. Remplacé par Nathalie Moudiki, épouse de l'administrateur directeur général Adolphe Moudiki, Igor Bissaya était pourtant "par le passé proche de Nathalie Moudiki", révèle Jeune Afrique. Un retournement qui illustre la froideur calculatrice avec laquelle le couple dirigeant a procédé au nettoyage interne.

La purge ne s'est pas arrêtée là. Selon Jeune Afrique, Clotilde Moukoko Mbonjo, directrice financière, a été "admise à la retraite" et remplacée par Corinne Ayayi, ancienne directrice financière adjointe. Un changement qui permet au clan Moudiki de placer à ce poste hautement sensible une personne de confiance, assistée de Souadatou Labarang.

Germain Onambélé et Christian Ananga, respectivement directeur de la maintenance et de la sécurité et directeur de la division informatique, ont également été écartés. Leurs remplaçantes, Delphine Mai-Awe Domwa et Ngounou Leugoue, ont d'abord assuré un intérim avant d'être confirmées dans leurs fonctions. Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, ces nominations s'inscrivent dans la stratégie du clan Moudiki visant à s'entourer de "profils issus de son cercle de confiance au sein du directoire".

L'analyse des profils retenus confirme cette lecture. Plutôt que de recruter à l'extérieur ou de promouvoir des cadres indépendants, le clan Moudiki a privilégié des personnes déjà intégrées au système et dont la loyauté ne fait aucun doute. "Le remaniement a permis au clan Moudiki de s'entourer de profils issus de son cercle de confiance au sein du directoire, réduisant d'autant les marges de contestation internes", précise Jeune Afrique.

La restructuration a également permis d'intégrer au directoire Daniel Ollé, fils de Justine Ollé, petite-sœur du président Paul Biya. Selon Jeune Afrique, sa présence aux côtés de Nathalie Moudiki et de Magloire Ndozeng Kouan, conseiller numéro un, contribue à "densifier un directoire aux loyautés soigneusement balisées".

Cette architecture de pouvoir repose sur une double légitimité : celle du clan Moudiki, qui contrôle la SNH depuis 1993, et celle des liens familiaux avec le premier cercle présidentiel. Une combinaison qui rend pratiquement impossible toute contestation interne.

Ce verrouillage intervient dans un contexte de bras de fer entre le clan Moudiki et Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence et président du conseil d'administration de la SNH. Selon Jeune Afrique, le clan Moudiki a "résisté aux tentatives répétées de déstabilisation mises en œuvre par Ferdinand Ngoh Ngoh" et "achève de verrouiller le management de l'entreprise publique".

Cette guerre souterraine explique en partie la détermination du clan Moudiki à éliminer toute possibilité de dissidence interne. Face à un adversaire aussi puissant que le secrétaire général de la présidence, le couple Moudiki ne peut se permettre aucune faille dans son dispositif de contrôle.

Selon des révélations exclusives de Jeune Afrique, c'est désormais son épouse, Nathalie Moudiki, qui orchestre véritablement les destinées du premier groupe pétrolier public camerounais, dont le chiffre d'affaires 2023 a dépassé les 625 milliards de F CFA.

L'emprise de Nathalie Moudiki ne se limite pas au siège de la SNH. Jeune Afrique révèle que son influence s'étend également sur les filiales stratégiques du groupe. Patrick Mvondo dirige Tradex sous sa tutelle, tandis que Jean Noël Mbida Ntsama, cadre de la SNH, occupe le poste de numéro deux d'Hydrac, la branche spécialisée dans l'analyse et le contrôle des produits pétroliers.

Plus révélateur encore, Miles Dion Ngute Ndika, fils du Premier ministre Joseph Dion Ngute, conserve la confiance de Nathalie Moudiki en tant que chargé de mission numéro un dans la supervision du complexe industriel de Kribi. Un positionnement qui témoigne de la capacité de la dirigeante à nouer des alliances stratégiques au plus haut niveau de l'État.