Sylyac Marie Mvogo, préfet du Wouri, aurait été interpellé à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle à Paris alors qu’il serait en possession de 130 000 euros en espèces. L’alerte a été lancée par Paul Chouta.
C’est le genre de séisme diplomatique et judiciaire dont les répercussions traversent l'Atlantique en quelques secondes. Sylyac Marie Mvogo, préfet du département du Wouri — véritable cœur économique et névralgique du Cameroun —, se retrouve pris au piège à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle à Paris en France.
Il a été interpellé ce matin par les services douaniers français en possession de plusieurs dizaines de milliers d’euros dissimulés dans ses bagages, le haut commis de l’État est placé sous le coup d'une audition pour « trafic de devises et infraction à la législation financière ». Selon nos sources, Sylyac Mvogo Marie avait dissimulé 130 000 euros (85 274 397 fcfa) dans ses bagages.
Ce coup de filet sur le tarmac parisien ne constitue pas une simple affaire correctionnelle de routine : il braque les projecteurs sur les réseaux d'argent liquide et les circuits de fuite de capitaux entre l'Afrique centrale et l'Europe. Pour un administrateur civil principal chargé d'incarner l'ordre républicain dans la métropole de Douala, l'affaire prend immédiatement une tournure éminemment politique.
Qui est Sylyac Marie Mvogo ? Le portrait d'un préfet véreux au centre des tempêtes
Depuis sa nomination à la tête du Wouri en janvier 2024, Sylyac Marie Mvogo ne s'est jamais rangé parmi les hauts fonctionnaires discrets. Administrateur chevronné passé notamment par le département de la Mvila (Ebolowa), son installation à Douala l’a propulsé au centre des échiquiers sécuritaires, fonciers et politiques les plus sous tension du pays.
La guerre de tranchées avec le Gouverneur du Littoral
Le nom du préfet a récemment fait la une des journaux lors d’un affrontement institutionnel inédit. Mvogo Sylyac Marie a directement mis en cause son supérieur hiérarchique, le Gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Dans un courrier administratif d'une rareté déconcertante devenu viral, le préfet accusait publiquement le gouverneur de manœuvres d'éviction et de connivence sur des dossiers fonciers sensibles, notamment dans la zone stratégique de Japoma-Bakoko. La fracture est apparue au grand jour lors des cérémonies officielles, illustrant un sommet territorial en pleine guerre d'influence.
L'arrestation d'un préfet en exercice sur le sol étranger avec d'importantes sommes en liquidités soulève d'immenses questions : d'où provenaient ces fonds, à quoi étaient-ils destinés, et bénéficiait-il de protections diplomatiques.









