Une décision rendue en première et dernière instance le 5 mai 2026 met fin à deux ans de contentieux entre un enseignant et son employeur public. Un signal fort adressé aux institutions universitaires camerounaises.
Yaoundé — La justice administrative camerounaise vient de rendre un verdict qui fera date dans les milieux universitaires. Par jugement n°050/2026/TA-YDE du 5 mai 2026, le Tribunal administratif du Centre a condamné l'Université de Yaoundé I à verser la somme de 60 millions de francs CFA à l'enseignant NKE Fridolin, au terme d'un litige qui l'opposait depuis janvier 2024 à son employeur public.
Le recours — enregistré sous le numéro 0003/RG/2024 et introduit le 4 janvier 2024 — visait à contester la décision n°23-01039/UYI/CAB/R du 11 août 2023, prise par la direction de l'Université de Yaoundé I et jugée gravement préjudiciable par l'enseignant. Après examen approfondi du dossier, la juridiction a déclaré le recours recevable et partiellement fondé, avant d'annuler purement et simplement la décision contestée.
Une réparation en deux volets
Les 60 millions de FCFA accordés à NKE Fridolin se décomposent en deux rubriques distinctes : 50 millions au titre du préjudice matériel subi, et 10 millions au titre du préjudice moral. Le Tribunal a néanmoins rejeté le surplus des demandes formulées par le requérant, les estimant non fondées. Les dépens ont été mis à la charge du Trésor public.
Rendu en première et dernière instance, ce jugement est définitif et exécutoire. L'Université de Yaoundé I ne dispose d'aucun recours ordinaire pour en contester le dispositif.
Au-delà du cas individuel de NKE Fridolin, cette décision rappelle que les agents publics camerounais disposent de voies de recours effectives devant les juridictions administratives — et que ces juridictions n'hésitent pas à condamner l'État lorsque les droits d'un fonctionnaire ont été lésés. Pour les universités d'État, souvent mises en cause pour des décisions disciplinaires ou administratives contestables, ce jugement constitue un avertissement clair : les actes d'autorité doivent être juridiquement fondés, sous peine d'engagement de la responsabilité de l'institution.









