Actualités of Monday, 14 September 2026

Source: www.camerounweb.com

URGENT : Bruno Bidjang rejoint Amougou Belinga à la barre

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Nouvelle passe d'armes ce lundi au Tribunal militaire de Yaoundé. Bruno Bidjang, ancien directeur général du groupe L'Anecdote, a vivement interpellé le colonel Jean-Pierre Otoulou sur les conditions de son interpellation en février 2023. Il lui reproche de ne jamais avoir organisé de confrontation avec Paul « Daisy » Biya, alors que leurs échanges constituent le socle des accusations portées contre lui. Le témoin s'est retranché derrière une réponse laconique : « Nous avons retenu les indices contre vous. »


L'audience de ce lundi 14 septembre 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé a été marquée par un nouveau face-à-face tendu entre Bruno Bidjang et le colonel Jean-Pierre Otoulou, principal enquêteur de l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Le prévenu, poursuivi pour complicité de torture et conspiration, a interrogé avec insistance l'officier sur les zones d'ombre entourant son arrestation.


La première question de Bruno Bidjang a porté sur le dispositif déployé pour son interpellation en février 2023. « Pourquoi avoir choisi de ne pas faire de confrontation entre Paul Daizy Biya et moi, alors que vous dites que c'est par rapport à mes échanges avec lui que vous avez envoyé 62 gendarmes m'interpeller ? » a-t-il lancé. Le colonel Otoulou, visiblement peu enclin à s'étendre sur les détails opérationnels, s'est contenté de répondre : « Nous avons retenu les indices contre vous » .

Une réponse qui, selon l'accusé, laisse entières plusieurs questions centrales : pourquoi aucune confrontation n'a été organisée entre les deux hommes ? Sur quels éléments précis reposait cette décision ? Et comment le nombre de 62 gendarmes a-t-il été déterminé ? .



La question de la confrontation est cruciale. Selon les éléments de l'enquête, c'est un message WhatsApp envoyé par Bruno Bidjang à Paul « Daisy » Biya, journaliste, qui a orienté les soupçons à son encontre. Dans cet échange, produit par Paul Daisy Biya aux enquêteurs, Bruno Bidjang aurait écrit : « Tara, ton type qui a recommencé là, quand on va réagir, ce sera sans pitié » . Un message qui, pour l'accusation, constitue la preuve d'une conspiration visant à faire taire Martinez Zogo.

Paul Daisy Biya a témoigné en décembre 2025 devant le même tribunal, affirmant que Martinez Zogo lui avait remis des documents compromettants visant Jean-Pierre Amougou Belinga, documents qu'il aurait ensuite transmis à Bruno Bidjang. La défense de l'homme d'affaires avait alors vivement contesté cette version, la qualifiant d'« absurde » .


La seconde passe d'armes a porté sur la nature de l'activité de Bruno Bidjang au moment des faits. Le colonel Otoulou lui reprochant d'avoir cherché à « épier » l'enquête, l'accusé a rétorqué : « Est-ce que vous savez que l'investigation fait partie du travail d'un journaliste ? » Face à quoi le colonel a botté en touche : « Je n'ai pas d'éléments à apporter à cette question ! » .
Une séquence qui soulève une interrogation de fond : à partir de quel moment la recherche d'informations, légitime dans l'exercice du journalisme, devient-elle une immixtion dans une enquête judiciaire ? La question reste en suspens.
Un témoin déjà fragilisé

Cette nouvelle confrontation s'inscrit dans une série d'auditions tendues pour le colonel Otoulou. Depuis sa déposition fleuve du 14 juillet 2026, l'officier fait face à une défense qui conteste méthodiquement la solidité de son enquête. La presse camerounaise a relevé des « oublis, approximations et incohérences » dans son témoignage, certains médias n'hésitant pas à évoquer une démonstration « fragile, largement contestée » .

L'enquêteur a néanmoins maintenu ses accusations contre Bruno Bidjang, le présentant comme le bras droit d'Amougou Belinga, « l'ongle et le doigt » selon sa propre formule, et affirmant que la proximité entre les deux hommes ne laissait planer « aucun doute sur la complicité de Bidjang dans la préparation du drame » .


Pour rappel, Bruno Bidjang avait été interpellé le 6 février 2023, en même temps que Jean-Pierre Amougou Belinga, une semaine après avoir été promu directeur général de l'ensemble des médias du groupe. Il était resté incarcéré plus de six mois avant d'être libéré en août 2024 . Il comparaît aujourd'hui libre dans le cadre de ce procès qui concerne au total 17 accusés.
Les débats doivent se poursuivre dans les prochains jours, alors que plus de 30 témoins sont encore attendus à la barre