Un nouveau séisme institutionnel secoue le sommet de l'État camerounais. À la suite de sa mise à la retraite par décret présidentiel, le général de division Tchemo Marie-Hector, qui suppléait le général Meka comme chef d'État-Major des armées, a reçu le soutien de nombreux généraux et officiers lui demandant de ne pas donner suite à cette décision. Ce matin, il a travaillé normalement et n'entend pas céder, plongeant l'armée dans une crise de commandement sans précédent.
Une mise à la retraite contestée
Le décret présidentiel portant mise à la retraite du général Tchemo Marie-Hector a provoqué une onde de choc au sein de l'armée. Selon des sources proches du dossier, cette décision serait en réalité une manœuvre d'un des clans pouvoiristes de la Présidence pour prendre le contrôle de l'institution militaire, en ces temps d'incertitude quant au retour de Paul Biya, gravement malade et cloué en Suisse.
La résistance du général Tchemo, qui a continué à travailler normalement ce matin, illustre les tensions qui traversent l'appareil sécuritaire. Il bénéficie du soutien de nombreux généraux et officiers qui lui demandent de ne pas céder.
Une guerre des clans pour le contrôle de l'armée
Selon les enquêtes en cours, trois clans se disputent le contrôle de l'armée :
Le clan Franck Biya : composé de Mvondo Ayolo, Beti Assomo, du général Amougou et de l'amiral Fouda.
Le clan Chantal Biya : emmené par Oswald Baboke, Cléopasse Medoulou, et le colonel Evina Ndo, véritable commandant de la Direction de la Sécurité Présidentielle.
Le clan Ngoh Ngoh : avec ses conseillers militaires israéliens.
Ces luttes d'influence interviennent dans un contexte d'absence prolongée de Paul Biya, dont l'état de santé serait critique. La question de la succession, déjà vive, se déporte désormais dans l'armée, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité du pays.
Une crise aux multiples ramifications
Cette crise militaire s'ajoute aux nombreuses tensions qui traversent le Cameroun : affaire du faux décret, scandales miniers, luttes pour la vice-présidence, et absence prolongée du chef de l'État. La guerre des clans, qui se jouait jusqu'ici dans les coulisses du palais d'Etoudi, s'étend désormais aux forces de défense, avec des risques de déstabilisation majeurs.
Les prochains jours diront si le général Tchemo Marie-Hector parviendra à résister à la mise à la retraite, et si les clans parviendront à un compromis pour éviter une crise institutionnelle ouverte.









