Politique of Tuesday, 28 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Tsunami annoncé au sein du sérail : Paul Biya attendu ces jours-ci à Yaoundé

Le retour de Paul Biya, après un long séjour médical en Suisse puis en France, pourrait être marqué par d'importantes décisions politiques. Le chef de l'État a été informé de plusieurs dossiers sensibles, notamment des enquêtes sur l'assassinat de Martinez Zogo et un présumé réseau de trafic d'or. L’on évoque également des rivalités entre différents cercles du pouvoir, des tensions autour de la succession présidentielle et des spéculations impliquant Franck Biya.

En observation médicale en France à l'âge de 93 ans, le retour du président au Cameroun est attendu comme un événement exceptionnel. À Yaoundé, dans le sérail, c'est la psychose qui règne, entre tentatives de coup d'État institutionnel, pillage des ressources minières, détournements massifs de fonds et guerre des réseaux sur fond d'appétit pour le pouvoir.

Après plus de 45 jours passés en Suisse, dans le calme et la sécurité de l'hôtel InterContinental, le président Paul Biya a épluché tous ces dossiers et en a tiré des conséquences qui conduiront à des décisions stratégiques pour la stabilité du Cameroun.

Paul Biya, le premier informé

Dans un précédent article, nous expliquions comment, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Martinez Zogo, le président de la République connaissait, avant même le démarrage du procès, l'identité de l'auteur des actes de torture ayant conduit à la mort du journaliste. De la même manière, il serait la première personne informée du réseau de pillage de l'or dans la région de l'Est. L'enquête qu'il aurait commandée aurait permis d'identifier toutes les personnalités impliquées dans ce vaste scandale.

Ces dernières semaines ont été marquées par une bataille féroce entre les réseaux d'influence autour du président. Appelé, par abus de langage, « le clan des Nanga », alors que l'Apôtre n'est pas de Nanga mais de Dimako, ce groupe s'est lancé dans une guérilla brutale sur les réseaux sociaux contre ceux qui auraient pourtant pu être des alliés en raison de leur proximité avec la mère de Bree.

L'implosion dans le camp des « Nanga »

Selon nos informateurs, tout aurait éclaté au moment où le Coiffé aurait refusé de céder à une demande de la First, qui souhaitait la nomination de son fils au poste hautement stratégique de directeur général de la SNH. Ce refus aurait profondément marqué la Première dame, qui se serait sentie en insécurité. Elle aurait alors jeté son dévolu sur l'Apôtre, qu'elle aurait tenté de positionner d'abord comme secrétaire général de la Présidence de la République, puis comme vice-président, à en croire les révélations de Jeune Afrique.

Notre source va plus loin. Le Coiffé se serait ensuite senti de plus en plus menacé lorsque le président de la République aurait convoqué l'Apôtre pour lui confier un travail spécifique concernant l'administration de la Présidence. Ce serait à la suite de ce rapport que le chef de l'État l'aurait confronté à des questions sur son enrichissement, d'où les rumeurs d'un AVC, peu avant son départ pour la Suisse.

La sortie du capitaine Effoulou, trois ans après son départ, symboliserait l'implosion totale. L'ex-officier, natif d'Etok, dans la région de l'Est, serait une arme du « Soleil levant » contre le Coiffé. Nous devons nous attendre à de nouvelles révélations dans les prochains jours, non pas sur l'Apôtre, mais sur le fils de la First, homme d'affaires que Jeune Afrique, citant une source au Tchad, accuse d'être impliqué dans le scandale Savannah, qui avait mis à mal les relations entre le Tchad et le Cameroun. Un gros risque lorsqu'on sait à quel point le président Biya est attaché à la stabilité des relations entre le Cameroun et les pays voisins.

Une chose est certaine : la neutralisation de ces réseaux renforcerait la position du président, qui pourrait ainsi mener plus sereinement ses réformes politiques en préparation de son départ.

La piste Franck Biya ?

Bien que, selon ses proches, Franck Biya soit favorable à une rupture avec le système de son père, il demeure, pour certains, le principal espoir de continuité du système au sein du RDPC. Annoncé par Jeune Afrique comme un potentiel candidat, le grand argentier serait impliqué dans plusieurs scandales financiers qui pourraient le disqualifier. La question est désormais de savoir quelles décisions prendra le chef de l'État à son retour.

Albin Michel Njilo