Actualités of Tuesday, 3 November 2026

Source: www.camerounweb.com

Trois ans après : ce qu’est devenu le programme spatial camerounais

Un programme spatial camerounais est dans les tuyaux depuis un moment maintenant. Il s’agit d’un marché de 2,012 milliards de francs CFA. Problème, onze mois prévus et toujours rien, souligne le lanceur d’alerte Boris Bertolt. Dans une publication faite sur les réseaux sociaux, il explique tout. La rédaction de CamerounWeb la relaie.

Attribué le 12 octobre 2023 au groupement Euroconsult, Integc, Digiglobe, le marché d’étude du programme spatial camerounais devait être exécuté en onze mois. Plus de trois ans après, la question centrale demeure celle des résultats réceptionnés et des paiements effectués.

2 012 061 089 francs toutes taxes comprises, soit environ 3,07 millions d’euros, c’est le montant exact du marché attribué par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, pour une étude technique approfondie préalable à la mise en œuvre d’un programme spatial au Cameroun.

La décision du 12 octobre 2023, publiée sur le portail de l’Agence de régulation des marchés publics, désigne trois partenaires : Euroconsult, Integc Sarl et Digiglobe. Elle fixe un délai d’exécution de onze mois et mentionne une autorisation de gré à gré délivrée le 14 septembre 2023.

Au 3 novembre 2026, 1 118 jours se sont écoulés depuis l’attribution, soit plus de 36 mois. Ce temps représente plus de trois fois la durée d’exécution initialement annoncée.

L’enveloppe correspond, par simple division, à 182,9 millions de francs CFA par mois prévu d’exécution. Ce ratio illustre l’importance financière de la commande, sans constituer un échéancier de paiement ni une mesure du coût mensuel réellement supporté.

Surtout, les 2,012 milliards de francs CFA représentent le montant attribué, pas une somme dont le décaissement intégral serait établi. L’étude devait couvrir un périmètre étendu : aspects institutionnels et réglementaires, besoins techniques, impacts environnementaux et sociaux, avant-projet sommaire, avant-projet détaillé et montage financier. Elle devait éclairer la décision de poursuivre ou non le programme. Ce marché ne portait donc pas directement sur l’achat ou le lancement d’un satellite.

Ces informations déplacent le débat : qu’a précisément obtenu l’État pour ce marché de plus de deux milliards de francs CFA ? Quels rapports ont été remis, lesquels ont été validés et combien le groupement a-t-il effectivement perçu ?

Un bilan public devrait présenter le montant engagé, les avances et décomptes réglés, les prestations réceptionnées, les travaux restant à accomplir et le calendrier actualisé. Il permettrait également de distinguer les retards imputables au prestataire de ceux relevant de l’administration.