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General News of Friday, 1 December 2017

Source: cameroonweb.com

Tribalisme: des origines du mal aux pistes de solution, Zebaze se livre


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Le tribalisme est un mal qui tue nos pays africains et le fléau est enore criard au Cameroun. Tout le monde en parle mais le mal persiste. Benjamin Zebaze essaie à sa manière d'écrlairer

Tout le monde s’accorde pour reconnaitre que le tribalisme est le pire des maux que notre pays devra affronter dans les années à venir.

Mais personne n’est d’accord sur les origines du mal. Le tribaliste est toujours celui qu’on a en face de soi. Une telle divergence ne peut permettre de trouver un « antidote » efficace.

En regardant attentivement cette photo publiée hier, je me demande si on ne fait pas fausse route depuis le départ; si les causes de ce phénomène ne sont pas à trouver en combinant l’anthropologie, la sociologie, la philosophie, la consanguinité, la psychanalyse, le mystique…et bien d’autres notions plus ou moins scientifiques.

Que constate-t-on sur ce document ? Il s’agit en effet d’une équipe de basket-ball à l’internat du CES de Dschang en 1974. Sur les 108 000 internes, les communautés les plus importantes étaient Bamiléké, Bassa, Douala et Beti.

Bien que personne ne cherchait à savoir à quelle ethnie appartenait son camarade de dortoir, ce que la photo révèle a quelque chose "d'effrayant " : dans l’équipe confectionnée par notre ainé Tambou Roger (accroupi à l’extrême droite), il y a debout de gauche à droite Guy Momo (le fils d’un grand patriarche de la Menoua), Dallè Roger (le fils Sawa d’une amie de chorale de ma mère), Dibam (Ethnie Bassa). Accroupis de gauche à droite; Moussi (Ethnie Bassa), Benjamin Zebaze (mère Bassa-Bakoko) et Roger Tambou, le patron de l’équipe (mère Bassa).

Pour corser le tout, l’arbitre (Mike Christian)qui devrait être en principe impartial vient prendre la photo avec l’équipe adverse comme attiré par un lien de consanguinité: lui aussi de l’ethnie Bassa.

Que peux-t-on en déduire ?

Est-ce que derrière tout cela autour de gamins naïfs âgés de 12 (mon cas) à 16 ans, ne se cache pas quelque chose de plus délicat à analyser ?

En tous cas, plus troublant est le fait que les trois bamilékés de père sur la photo ont chacun, des dizaines d’années plus tard, épousé des filles de l’ethnie…bassa.

J’ai aussi compris pourquoi je me suis senti à l’aise chez les douala quand il a fallu refaire ma vie : rien ne me surprenait dans leurs habitudes qui m’étaient familières du temps où nous partagions nos repas respectifs avec la famille Toto (Dallè Roger) et Bosso (l’ancien entraineur des lions junior Ndoumbè Bosso Emmanuel).

En souvenir de cette belle période, quand Dallè Roger et moi nous rencontrons aujourd’hui, on se serre fort et écrasons une larme : toute parole est alors superfétatoire. Nous nous considérons comme des frères.

Quels enseignements à tirer?

Sans doute faut-il réfléchir sur les méthodes à utiliser pour lutter contre ce fléau potentiellement dévastateur. Bien que n’ayant pas une religion sur le sujet, je me demande s’il ne faudrait pas revenir aux internats qui sont à la base de la réussite de l’enseignement en zone anglophone; aux colonies de vacances, à des compétitions sportives interrégionales pendant les vacances comme le « tournoi de l’amitié » autrefois présidé par le Président Ahmadou Ahidjo.

Cela forge des relations durables. La grande militantes Henriette Ekwé et moi sommes très liés parce qu’elle était à l'internat du Lycée Leclerc de Yaoundé avec mes deux sœurs ainées.
Il me semble en tout cas impératif de se battre contre ce repli sur soi même qui fait que notre jeunesse ne se donne plus rendez-vous qu’aux « congrès de village », aux réunions d’associations villageoises.

Si on ne rencontre pratiquement jamais l’autre dans un cadre informel, comment peut-on être tolérant à son égard ?

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