Actualités of Thursday, 28 August 2025

Source: www.camerounweb.com

Très mauvaise nouvelle pour Mouelle Komi et sa clic

Le bras de fer entre le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et le président de la Fecafoot Samuel Eto'o cristallise les tensions autour de l'autonomie des fédérations sportives. L'avocat Me Éric Bisso monte au créneau pour défendre l'indépendance des instances footballistiques.


Le football camerounais traverse une nouvelle crise institutionnelle. Au cœur du conflit : l'injonction du ministre des Sports et de l'Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, demandant à Samuel Eto'o de suspendre le processus électoral en cours à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).


L'intervention ministérielle ne passe pas inaperçue dans le milieu footballistique. Me Éric Bisso, avocat reconnu du barreau camerounais, a vivement réagi lors de l'émission "Au cœur du Sport" diffusée sur Canal 2 International.


"Le Minsep n'a pas vocation à rentrer dans la cuisine interne des associations. Les administrations s'administrent librement", a déclaré l'homme de droit, invoquant ainsi le principe fondamental de l'autonomie associative.


La position de Me Bisso soulève une question juridique cruciale : jusqu'où s'étend le pouvoir de tutelle du ministère des Sports sur les fédérations ? Cette interrogation prend une dimension particulière dans le contexte du football, sport régi par des statuts FIFA exigeant l'indépendance des instances nationales.


Le ministre Mouelle Kombi justifie son intervention par la nécessité de "lever les irrégularités dénoncées par certains acteurs du football camerounais" avant la poursuite des élections au sein des ligues départementales. Une position qui, selon ses détracteurs, outrepasse ses prérogatives.


Face à cette pression ministérielle, Samuel Eto'o a choisi la résistance. Le président de la Fecafoot maintient le processus électoral, débutant par le renouvellement des organes dans les ligues départementales. Le calendrier électoral, conduisant jusqu'aux élections à la tête de la fédération, demeure inchangé.


Cette attitude de défi ouverte illustre la détermination de l'ancien capitaine des Lions Indomptables à préserver l'autonomie de l'institution qu'il dirige.


Au-delà de cette querelle procédurale, c'est toute la gouvernance du sport camerounais qui est questionnée. Le conflit entre le Minsep et la Fecafoot révèle les tensions persistantes entre l'administration publique et les instances privées chargées de gérer les disciplines sportives.
Cette situation n'est pas sans rappeler les standards internationaux exigés par les organismes mondiaux comme la FIFA, qui sanctionnent régulièrement les ingérences gouvernementales dans la gestion du football.



L'issue de ce bras de fer pourrait créer un précédent significatif pour l'avenir des relations entre l'État et les fédérations sportives au Cameroun. Si l'intervention ministérielle devait aboutir, elle pourrait ouvrir la voie à des ingérences futures dans d'autres disciplines.


À l'inverse, une victoire de la position défendue par Eto'o et soutenue par des juristes comme Me Bisso renforcerait le principe d'autonomie des fédérations.





Le milieu footballistique camerounais se divise progressivement entre partisans de l'autonomie fédérale et défenseurs d'un contrôle étatique renforcé. Cette polarisation reflète des conceptions différentes de la gouvernance sportive.
Certains acteurs estiment que la supervision ministérielle garantit la transparence et la régularité des processus électoraux. D'autres, à l'image de Me Bisso, considèrent que cette intervention constitue une atteinte inadmissible à l'indépendance associative.


La question demeure entière : qui de Narcisse Mouelle Kombi ou de Samuel Eto'o aura finalement raison ? La réponse dépendra largement de la capacité de chaque camp à faire valoir ses arguments juridiques et politiques.
Les prochains jours s'annoncent décisifs. Le maintien ou la suspension du processus électoral constituera un test grandeur nature de l'équilibre des pouvoirs dans le sport camerounais.


Cette confrontation institutionnelle dépasse désormais le cadre purement footballistique pour questionner les fondements mêmes de l'organisation du sport au Cameroun. L'avenir dira si l'autonomie défendue par Me Bisso l'emportera sur l'autorité ministérielle revendiquée par Mouelle Kombi.