Actualités of Wednesday, 12 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Tour de passe-passe : voici le plan de Franck Biya pour remplacer son père

La course à la présidence La course à la présidence

Une enquête choc du journal panafricain basé à Paris présente la cartographie détaillée du puissant lobby qui gravite autour du fils du président Paul Biya. Il est présenté comme un homme discret. Mais Jeune Afrique le place aujourd'hui au centre d'une lobby tentaculaire.

Le titre proposé par le média est particulièrement évocateur : « Cameroun : le réseau politico-business de Franck Biya, "candidat favori" à la vice-présidence ». Le journal le dévoile comme un prétendant potentiel et entreprend surtout de cartographier les personnes qui constitueraient son environnement familial, économique, institutionnel et politique.

Dans le premier du réseau Franck Biya, l'on retrouve justement le noyau familial. L'article cite notamment Virginie Sonia Renée Baroux, épouse de Franck Biya, et Emmanuelle Baroux, fille de cette dernière. Mais deux autres noms captent particulièrement l'attention. Dieudonné Evou Mekou, présenté comme cousin de Franck Biya et personnalité importante du monde financier institutionnel. Vient ensuite, le sénateur Robert Nkili, frère cadet de Jeanne-Irène Biya, la mère de Franck.

Le journal identifie les affaires comme le deuxième cercle du fils du chef d'État. Jeune Afrique cite notamment Christian Mataga, Serge Akounou, Ghislain Nguewo et Thomas Owona Assoumou. Selon la publication, Franck Biya ne serait pas entouré seulement de parents ou de responsables politiques. Il disposerait également d'un réseau forgé dans le monde économique et dans des relations personnelles parfois anciennes. Troisième cercle : le palais de l'unité. Jeune Afrique cite trois personnalités évoluant au cœur ou à proximité immédiate de la présidence : Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil ; Joseph Fouda, conseiller à la présidence ; et Paul Elung Che, secrétaire général adjoint de la présidence.

À en croire le journal, ces personnalités constitueraient, à différents degrés, des relais dans l'environnement présidentiel. Dans la galaxie Franck Biya, l'on retrouve également le gouvernement, qui d'après le magazine panafricain, constitue le quatrième cercle. Ce groupe est constitué de plusieurs personnalités gouvernementales ou anciens responsables, notamment : Laurent Serge Etoundi Ngoa, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, Charles Oyono Ekodo, Alamine Ousmane Mey et Manaouda Malachie. Toutefois, le fait d'être cité par un journal dans le réseau supposé d'une personnalité ne signifie pas automatiquement être membre d'un quelconque "clan Franck Biya".

Mais Jeune Afrique croit savoir que Franck Biya disposerait de relais potentiels dans plusieurs compartiments de l'appareil étatique. L'une des dimensions les plus stratégiques de cette cartographie est le cercle issu du Grand-Nord. L'article cite ainsi plusieurs personnalités liées à cette partie du pays : Aboubakary Abdoulaye, lamido de Rey-Bouba ; Alamine Ousmane Mey, Minepat ; Abdoulaye Yérima Bakary, lamido de Maroua ; Manaouda Malachie, ministre de la Santé et Aminatou Ahidjo, fille de l'ancien président Ahmadou Ahidjo.

Ce sont ces hommes et femmes qui font, d'après Jeune Afrique, office de relais directs entre Franck Biya et le sommet de l'État. L'assise financière (son parcours d'homme d'affaires, mené entre Los Angeles, Johannesburg et Paris, avant son retour au bercail en 2020, lui a octroyé de solides ressources internationales) et relationnelle du fils du président camerounais lui aurait permis l'adhésion au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), ce qui donnerait à sa candidature au fauteuil présidentiel une crédibilité que le journal basé à Paris juge sérieuse à celle de ses rivaux.

D'après Jeune Afrique, Paul Biya se serait déjà prononcé en faveur de son fils pour la succession à la tête de l'État. Sauf que, renseigne encore Jeune Afrique, Franck Biya serait confronté à l'opposition attribuée à Chantal Biya, l'épouse du prince qui préférerait un autre profil issu de son environnement. Ce qui aurait contraint Franck Biya à plaider activement sa cause en coulisses, y compris depuis l'Europe. Vrai ou faux ?

L'enquête de Jeune Afrique paraît dans un contexte camerounais chargé d'interrogations sur l'avenir du pouvoir et les rapports de force au sommet de l'État. L'article évoque une hypothèse politiquement majeure : la vice-présidence comme possible marchepied institutionnel. D'après le journal, la perspective d'une vice-présidence aurait ravivé l'hypothèse d'un tandem père-fils au sommet de l'État. Dans tous les cas, si la lecture de ce média est correcte, elle éclaire autrement plusieurs mouvements observés autour du pouvoir.