Actualités of Monday, 2 November 2026

Source: L’Indépendant n°1078

Torture : le Cameroun explique ses mesures devant l’Onu

Tortures et traites humaines Tortures et traites humaines

La délégation camerounaise a soutenu que les mesures de lutte contre la torture prises par le Cameroun portent sur la formation et la sensibilisation, aussi bien des personnes chargées de l'application de la loi que de la population. D’autres mesures portent sur des mécanismes d'alerte, sur l'encadrement déontologique des personnes chargées de l'application de la loi, ainsi que sur la surveillance des lieux de détention.

Le Cameroun a mis en place de multiples mécanismes d'alerte pour signaler des cas de torture, y compris un « numéro vert » de la police gratuit et ouvert 24 heures sur 24. La délégation a cité plusieurs décisions rendues, et les sanctions prononcées, par les tribunaux camerounais dans plusieurs affaires de torture ou blessures graves par des agents de police.

Le mécanisme national de prévention de la torture a procédé à plus de 2 000 visites de lieux de détention depuis 2024, a poursuivi la délégation : il a constaté de visu une amélioration substantielle des conditions de détention.

La délégation a par ailleurs fait état de l’augmentation de plus de 25 % entre 2017 et 2026 des ressources allouées à l'administration pénitentiaire, ce qui a permis à cette administration de poursuivre le renforcement des capacités techniques de ses personnels, ainsi que de ses ressources matérielles et infrastructurelles.

Cette mesure a eu un effet marqué sur l'alimentation des détenus, de même que sur la prévention et le traitement des maladies transmissibles en milieu carcéral. Une nouvelle prison a par ailleurs été ouverte à Douala.

Le Cameroun a adressé en 2014 une invitation permanente à l'ensemble des procédures spéciales thématiques du Conseil des droits de l'homme, a par ailleurs indiqué la délégation. S’agissant de la lutte contre la traite des êtres humains, la délégation a précisé, notamment, que la loi camerounaise protégeait toute personne contre l’exploitation, avec une aggravation des peines dans certaines hypothèses impliquant des enfants.

L'exploitation visée comprend notamment, outre l'esclavage, le travail ou les services forcés, les pratiques analogues et la servitude. La traite à des fins de travail domestique est susceptible de poursuite dès lors que les éléments constitutifs de l'infraction sont réunis. Le ministère des Affaires sociales gère le numéro d’appel 1503, qui permet aux victimes et aux témoins de signaler de manière anonyme et confidentielle des faits et de déclencher une prise en charge sociale ou policière.

Il a été précisé que le délai de garde à vue ne pouvait excéder 48 heures, renouvelable une seule fois par l'officier de police judiciaire sur autorisation motivée du procureur de la République. Les cas de détention prolongée peuvent donner lieu à des mesures disciplinaires, aussi bien à l'endroit des officiers de police judiciaire qui en sont auteurs qu'à l'endroit des magistrats. Toute personne placée en garde à vue peut demander de consulter un médecin et un avocat. La nomination, la promotion et la révocation des magistrats sont décidées par le président de la République, mais seulement après avis du Conseil supérieur de la magistrature qu'il préside, la vice-présidence de ce Conseil étant assurée par le ministre de la Justice.