Actualités of Friday, 23 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Jeune Afrique a recueilli les détails du projet porté par Olivier Bilé, qui entend réunir civils, militaires et diaspora autour d’une « Table ronde nationale inclusive ». Le magazine précise que ce sont les propositions de son fondateur, non un dispositif déjà en place.
Selon Jeune Afrique, Olivier Bilé a adressé le 2 septembre deux correspondances, l’une au doyen d’âge du Sénat, l’autre à la présidence de la République. Au nom de Kaïros, il y défend un « Collège des doyens de la République », une instance de médiation adossée à la légitimité morale que les traditions africaines reconnaissent aux anciens. Le magazine indique qu’il doit être coprésidé par le doyen d’âge du Sénat et des « figures nationales incontestables ».
D’après le magazine, le mouvement en a fait une pétition, qui s’ouvre sur le « risque d’une succession insoluble ». Elle réclame un « Pacte de Refondation » : fin de l’« hyper-présidentialisme », indépendance de la justice, démantèlement du « système de parti-État de facto » et système électoral « 100 % biométrique ». Ce pacte serait soumis à référendum « sous la vigilance » du Collège. Jeune Afrique ajoute que la pétition promet de « récuser toute course au pouvoir exécutif », mais que son fondateur ne dit rien de ses propres intentions.
Qui parlerait pour les militaires, la diaspora ?
Le magazine pose plusieurs questions restées sans réponse. Qui s’exprimerait au nom des militaires : des représentants mandatés par la hiérarchie ou des officiers à titre individuel ? Olivier Bilé reconnaît qu’un militaire participant comme citoyen ne représente pas automatiquement l’armée, et assure que le cadre sera précisé. Sur le rôle de l’armée, engagée contre les séparatistes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il juge qu’« écarter totalement » l’institution serait irréaliste, et la laisser « dicter la marche » irresponsable.
Jeune Afrique relève aussi les divisions de la diaspora, entre une frange militante, marquée par les affrontements autour de la Brigade anti-sardinards, et une autre plus silencieuse, tournée vers les affaires, que les plus radicaux accusent d’être « complice » du régime. « Faire asseoir autour d’une même table ceux qui, depuis des années, se considèrent mutuellement comme une partie du problème : voilà l’épreuve », admet-il.
Le magazine précise que le mouvement cite volontiers Codesa, la convention qui permit de négocier la sortie de l’apartheid. « Nous nous en inspirons, nous ne la copions pas », dit Olivier Bilé. Jeune Afrique nuance : Codesa reposait sur des acteurs politiques organisés et des règles de négociation, ce qui n’est pas le cas de Kaïros pour l’instant. Le fondateur promet que « le cadre juridique et le mandat des participants » seront rendus publics.
Une légitimité contestée
Le magazine rapporte la question que « tout Yaoundé pose à voix basse » : qui est Olivier Bilé pour parler au nom de tous ? Il revendique une compétence plutôt qu’un mandat : « Je ne prétends pas parler au nom de tous. Je propose un cadre où tous peuvent parler. » Il affirme avoir contacté en 2024 Maurice Kamto et Jean-Michel Nintcheu pour un front commun, restés selon lui silencieux, et estime que ce qui a échoué est « la méthode », pas l’idée.