Actualités of Tuesday, 17 February 2026

Source: www.camerounweb.com

TCS: des convocations tombent en cascades pour des hauts cadres, Paul Biya va couper des têtes

Un coup de filet judiciaire s'abat sur la Commune de Ngaoui. Sur instructions du Procureur Général du Tribunal Criminel Spécial (TCS), le maire Abdouraman Labi, son Secrétaire Général Mohamadou Moustapha et le Receveur Municipal Mal Mamoudou ont été convoqués ce lundi 16 février 2026 à la Division des enquêtes de cette juridiction financière, dans le cadre d'investigations portant sur des allégations de détournements de biens et deniers publics, de faux et usage de faux en écriture publique et authentique, ainsi que de corruption.


Cette convocation devant le TCS n'est pas une surprise pour les observateurs qui suivent de près la gestion de cette commune de la région de l'Adamaoua. Il y a près de six mois, le maire Abdouraman Labi et plusieurs de ses collaborateurs avaient déjà fait l'objet d'une interpellation à la Direction Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) de l'Adamaoua, pour les mêmes motifs : faux et usage de faux en écriture publique et authentique, détournements de fonds publics et autres infractions connexes. Ce premier acte judiciaire n'avait visiblement pas mis fin aux pratiques incriminées. Le TCS a donc décidé de prendre le relais.


Si le maire est la figure la plus visible de cette affaire, c'est son Secrétaire Général, Mohamadou Moustapha, qui apparaît comme la pièce centrale du dispositif mis en cause. Surnommé dans les couloirs de l'administration locale « l'expert en faux », cet homme nommé à son poste en 2023 sur proposition du maire lui-même serait, selon les éléments de l'enquête, le principal architecte des opérations frauduleuses présumées. Son modus operandi ne serait pas nouveau : il aurait été à l'origine directe de l'incarcération de trois Receveurs Municipaux et de la mise à l'écart d'un quatrième, désormais sans affectation, des victimes d'un système de manipulation des écritures publiques dont il aurait parfaitement maîtrisé les rouages.


Aujourd'hui, l'ironie du sort veut que ce même Secrétaire Général soit devenu, selon nos informations, un danger pour celui qui l'a propulsé à ce poste. Le maire Abdouraman Labi, qui avait misé sur lui comme homme de confiance, se retrouve désormais co-mis en cause dans les mêmes actes. Pis encore, Mohamadou Moustapha est également accusé de rançonner les prestataires dans le cadre de l'attribution des marchés communaux, une pratique qui aurait prospéré en toute impunité pendant des mois.
Le TCS comme horizon inévitable
La saisine du Tribunal Criminel Spécial marque une escalade significative dans cette affaire. Juridiction dédiée aux infractions économiques et financières portant sur des montants supérieurs à 50 millions de FCFA, le TCS dispose de pouvoirs d'investigation et de sanctions particulièrement redoutés. Son intervention signale que les sommes présumées détournées dépassent le seuil des affaires ordinaires et que le dossier a atteint un niveau de gravité suffisant pour mobiliser l'arsenal pénal le plus lourd en matière de délinquance financière publique.


Selon des informations concordantes, les convocations adressées ce 16 février ne constituent qu'un premier volet. D'autres personnalités liées à la gestion de la Commune de Ngaoui seraient en cours d'identification et de convocation par la Division des enquêtes du TCS. L'enquête est toujours en cours.

Pour les populations de Ngaoui, qui attendent depuis des années une gestion transparente de leurs ressources communales, cette procédure judiciaire représente peut-être l'espoir que l'impunité, si longtemps décriée, touche enfin à sa fin.