Les têtes pensantes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) sont en colère. Au palais d’Etoudi de Yaoundé, les collaborateurs directs de Paul Biya sont furieux de cette prise d’initiative qu’ils qualifient de très « irrespectueuse » et « irrévérencieuse ».
Il est évoqué dans la grande maison des soupçons sur la destination du matériel de campagne pour l’élection présidentielle. L’acte a été commis dans la Lekié comme Boris Bertolt le détaille dans sa publication.
Où est passé le matériel mobilisé pour la campagne présidentielle d’octobre 2025 dans l’arrondissement d’Okola ? Près d’un an après le scrutin, la réapparition de sacs portant les couleurs et slogans de la campagne de Paul Biya dans des établissements scolaires provoque des interrogations au sein même du RDPC.
Roger Mvilongo Embolo, candidat déclaré aux législatives de 2027 dans la Lekié-Ouest, demande désormais au comité central d’ouvrir un audit. Sa correspondance ne prouve cependant aucun détournement : elle réclame précisément des vérifications sur la provenance et la gestion de ce matériel. La candidature déclarée de Roger Mvilongo Embolo dans la circonscription Okola-Lobo avait déjà été rapportée publiquement.
L’affaire éclate le 11 septembre 2026. Ce jour-là, Roger Mvilongo Embolo participe à ce qu’il présente comme une tournée parlementaire dans plusieurs établissements scolaires des arrondissements d’Okola et d’Evodoula, dans la Lekié.
Au cours des cérémonies, des parlementaires distribuent différents dons aux élèves, notamment des sacs à dos. Mais un détail attire son attention : selon sa lettre, ces sacs portent encore les motifs, insignes et slogans de la campagne présidentielle de 2025 de Paul Biya. Une découverte qui le conduit à poser une question directement au sommet de son parti : d’où proviennent ces sacs et faisaient-ils partie du matériel acquis pour la campagne présidentielle d’octobre 2025 ?
« Où était cet important matériel ? »
La question est d’autant plus sensible que Roger Mvilongo Embolo affirme que le manque de gadgets avait été présenté comme l’une des causes des mauvais résultats obtenus par le RDPC dans certaines zones d’Okola, notamment à Leboudi. Dans sa correspondance adressée au secrétaire général du comité central, il demande donc explicitement : où se trouvait ce matériel pendant la campagne présidentielle ?
Le contexte électoral est établi : le scrutin présidentiel s’est tenu le 12 octobre 2025, et une commission communale de campagne du RDPC avait notamment été mise en place à Okola. La réapparition, onze mois plus tard, de matériels portant les signes de cette campagne nourrit ainsi les interrogations de l’auteur de la lettre sur leur gestion et leur destination initiale.
Un audit réclamé au comité central
La correspondance franchit un cap en demandant formellement « l’audit pour connaître la provenance de cet important matériel ». C’est précisément sur ce terrain que se pose la question d’un éventuel détournement de destination du matériel de campagne : avait-il été distribué aux structures locales en 2025 ? Était-il resté stocké ? Qui en avait la garde ? Combien de sacs et autres gadgets avaient été achetés, reçus et distribués ? Et le matériel observé le 11 septembre 2026 provient-il effectivement des stocks de la présidentielle ?
Un second aspect embarrasse également l’auteur de la correspondance : la distribution de matériels à caractère politique dans des établissements scolaires. Roger Mvilongo Embolo estime que cette pratique expose le RDPC à des accusations de manipulation politique des mineurs. Il réclame donc non seulement un audit, mais également des sanctions contre les responsables, si les faits et les responsabilités sont établis.
La lettre est datée de septembre 2026 et porte un cachet du Bureau du courrier du RDPC daté du 15 septembre 2026, indiquant sa réception par les services du parti. Après près d’une décennie de guerre, une question élémentaire reste donc sans réponse publique précise : combien de membres des forces de défense et de sécurité le Cameroun a-t-il réellement perdus dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ?
Si le chiffre proche de 1 800 morts aujourd’hui avancé par certaines sources doit encore être officiellement confirmé, une chose est déjà établie : dès février 2020, alors que le conflit allait encore se poursuivre pendant plus de six ans, les pertes des forces gouvernementales étaient déjà estimées entre 800 et 1 000 hommes.
Publier un bilan officiel actualisé permettrait non seulement de mesurer avec précision le coût militaire de cette guerre, mais aussi de mettre des chiffres sur près d’une décennie de sacrifices humains dans un conflit qui, en 2026, continue de tuer.









