Au Cameroun, il est très difficile de voir Paul Biya, même lorsqu'on se rend au palais où il réside. Le locataire de la maison présidentielle est devenu très rare à trouver.
L'activiste et leader d'opinion Jorel Jacques Zang a partagé une critique particulièrement incisive sur l'incapacité présumée du président Paul Biya à assumer ses fonctions au quotidien. À travers des mots d'une rare violence, le membre de la diaspora met en lumière ce qu'il qualifie de déliquescence institutionnelle au sommet de l'État.
Pour Zang, c'est un président désormais représenté au sein de son propre palais. De son point de vue, la situation physique et cognitive du chef de l'État ne lui permettrait plus de maintenir un niveau d'éveil suffisant pour gérer les affaires publiques, ni même pour assurer les obligations protocolaires minimales de sa charge.
L'activiste clame notamment que « Paul Biya est tellement devenu un légume qu'il n'est même plus capable de recevoir ses hôtes alors même qu'il est sur place. Il se fait même représenter dans le domicile officiel où il vit par ses employés et tout ceci parce qu'il ne peut plus simplement tenir trente minutes éveillé et lucide ».
Poussant la critique jusqu'à l'ironie, l'activiste dresse un parallèle provocateur avec la vie privée du couple présidentiel, illustrant ce qu'il considère comme le sommet de l'absurdité politique : « À cette allure, il se fera même bientôt représenter dans son propre mariage, si cela n'est même pas déjà le cas. Il n'y a qu'au Cameroun qu'on peut voir une telle connerie ».
Zang dit ainsi que le système ; où la délégation de signature et la représentation systématique deviennent trop récurrentes, est foireux. L'activiste refuse de dédouaner la population face à la longévité de ce mode de gouvernance. Il conclut de manière abrupte : « En tout cas, tout ceci, c'est la faute des Camerounais ».
La sortie fait suite à une nouvelle visite d'imminentes personnalités au Cameroun, plus précisément au palais. Elles n'ont été reçues que par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Pas la moindre trace du président du parti au pouvoir.
Aussi, le collaborateur de Biya cité prend davantage de place au palais, certains allant même jusqu'à le désigner de successeur de Paul Biya. La récente nomination de Nama Rémy, homme très proche de Ngoh Ngoh, à la présidence du Conseil constitutionnel, n'a fait que renforcer cette thèse. Ajouté au fait que Franck Emmanuel Biya ait disparu des radars et reculé dans la liste des personnes susceptibles d'être le remplaçant du "vieux lion".









