L'information est donnée dans une réponse envoyée à SNH Infos. Sil faut le rappeler, SNH Infos est le magazine d'information et de communication de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), publié périodiquement pour présenter les activités, les chiffres clés et le bilan de cette entreprise publique.
Dans sa parution numéro 81, SNH Infos a publié il y a très peu de temps un éditorial. Il porte le nom d'Adolphe Moudiki, mais il « ne porte pas l'homme », nuance l'Indépendant, un autre journal, dans sa parution numéro 1044 dont nous vous proposons le contenu très révélateur.
Depuis près de trois ans, Moudiki n'a été vu nulle part. Ni lors d'une conférence de presse. Ni lors d'un conseil d'administration. Ni au seul forum où sa présence n'est pas facultative, la session annuelle de l'Organisation des pays africains producteurs de pétrole, tenue en octobre 2024 dans la capitale de son propre pays, à laquelle il n'a pas pu assister.
Le Cameroun a dû envoyer un ministre pour le remplacer, parce que l'institution qu'il dirige nominalement n'a pas pu produire son propre dirigeant. En son absence, son épouse a assumé ses fonctions. Nathalie Moudiki occupe les postes de directrice des affaires juridiques et de conseillère technique au sein du SNH, et préside le conseil d'administration de Cstar, le véhicule même dans lequel le SNH a englouti des fonds publics sans approbation du conseil d'administration, sans autorisation expresse du gouvernement, et sans étude de faisabilité publiée.
Elle a représenté le SNH à l'Appo à sa place. Elle a présidé la réunion du conseil de Cstar à Dubaï. Les documents portant la signature de son mari porteraient, selon plusieurs sources, une image scannée de celle-ci, et non sa main. Ce n'est pas une succession. Ce n'est pas une délégation. C'est une vacance déguisée en direction et les Camerounais ont le droit de savoir qui décide réellement de la gestion de leur compagnie pétrolière nationale.
Je m'oppose particulièrement à la tentative de cet éditorial d'emprunter la crédibilité de Transparency International Cameroon, l'organisation que j'ai fondée, en évoquant une « session de travail » comme si elle constituait un aval de la gouvernance du SNH.
Ce n'est pas le cas et je n'ai reçu aucune information sur ce que TI Cameroun aurait, le cas échéant, réellement approuvé. Une institution incapable de produire son propre directeur général ne devrait pas être autorisée à produire des éditoriaux en son nom. Le Cameroun mérite un SNH dirigé par une personne que l'on peut voir, interroger et tenir responsable, non administré par procuration et défendu par une signature que personne n'a vu apposer.









