Actualités of Friday, 28 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Sosucam : les deux bombes à retardement sociale et foncière qui menacent la cession

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Au-delà des tensions institutionnelles entre Yaoundé et le groupe Castel, Jeune Afrique met en lumière deux dossiers explosifs, l'un social, l'autre foncier, susceptibles de compliquer durablement la reprise de la Société sucrière du Cameroun par le consortium local mené par Joseph Pagop Noupoué.



Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, le sort des plus de 6 000 employés de Sosucam, dont l'essentiel travaille dans les plantations et provient du septentrion camerounais, constitue la première source de préoccupation du gouvernement. Un analyste sollicité par le média estime qu'une mauvaise gestion de ce volet social pourrait avoir des répercussions directes sur les échéances électorales de l'année prochaine, ces employés étant, selon lui, majoritairement acquis à un parti d'opposition. Jeune Afrique précise par ailleurs que les discussions engagées avec les syndicats sur la préservation des droits sociaux, dans le cadre de l'article 42 du code du travail camerounais, ont été suspendues et ne devraient reprendre que dans les prochains jours, aucune décision concrète ne pouvant intervenir avant la tenue du conseil d'administration de Sosucam.



Le second point de fragilité identifié par Jeune Afrique concerne les 32 000 hectares constituant le parc des plantations de Sosucam, cédés en 1965 puis en 2006, et pour lesquels les populations riveraines affirment n'avoir jamais perçu d'indemnisation. Le média rappelle que ce contentieux avait déjà valu au Cameroun une interpellation du Haut-Commissariat des Nations unies en août 2010. Jeune Afrique révèle en outre un obstacle plus récent et largement méconnu : le nouveau code de la fiscalité locale imposerait désormais que les redevances foncières, autrefois versées directement aux communautés et aux communes concernées, soient collectées par l'administration fiscale, à charge pour le ministère des Finances de les rétrocéder ensuite aux ayants droit — une rétrocession qui, selon les informations obtenues par le média auprès du consortium repreneur, n'est quasiment jamais effectuée dans la pratique.



En croisant ces deux dimensions, sociale et foncière, avec les tensions institutionnelles entourant l'opération, Jeune Afrique dresse le portrait d'une transaction bien plus complexe qu'une simple opération capitalistique, où se mêlent enjeux économiques, équilibres politiques régionaux et mémoire d'un contentieux foncier non résolu depuis plus de cinquante ans.