La circulaire n°001 du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget 2027, signée par le président Paul Biya, ne comporte aucune ligne explicitement consacrée au financement des élections législatives et municipales. Un silence qui relance les spéculations sur la tenue effective du double scrutin, initialement envisagé pour début 2027.
Le document de 24 pages, qui fixe le cadrage macroéconomique et les priorités de l'action publique pour l'exercice 2027, passe en revue les secteurs de l'emploi jeune, de l'éducation, de l'autonomisation des femmes et de l'énergie. Mais il omet une échéance majeure : l'organisation des élections législatives et municipales.
Un coût estimé à près de 100 milliards FCFA
Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, le coût du double scrutin est évalué à environ 100 milliards de francs CFA. Le projet de loi de finances qui sera examiné par le Parlement lors de la session de novembre-décembre 2026 ne comporterait, à ce stade, aucune ligne dédiée à ce financement. Un choix technique ou un signal politique ? Les débats à venir devraient apporter les premiers éléments de réponse.
Un calendrier électoral déjà largement chamboulé
Pour mémoire, les mandats des députés et des conseillers municipaux ont déjà été prorogés à plusieurs reprises. Les conseillers municipaux, élus en février 2020, ont vu leur mandat prolongé jusqu'au 28 février 2027 par un décret présidentiel du 4 mai 2026 — une deuxième prorogation consécutive. Les députés, de leur côté, ont voté en mars 2026 la prolongation de leur mandat jusqu'au 20 décembre 2026.
Dans ce contexte, un double scrutin législatif et municipal se profilait pour février 2027. Mais l'absence de provision budgétaire dans la circulaire relance l'incertitude.
Un scénario de report à nouveau évoqué
Selon Africa Intelligence, l'exécutif étudierait actuellement un nouveau décalage du scrutin, invoquant notamment le début du Ramadan, attendu le 8 février 2027, comme contrainte de calendrier. Aucune décision officielle n'a toutefois été annoncée à ce stade.
D'autres voix, comme celle de l'avocat Christian Ntimbane Bomo, estiment que les élections ne pourront pas se tenir en l'état, invoquant à la fois la situation du président Biya et les contraintes budgétaires. « Le budget du Cameroun 2026 ne permet pas de financer une élection pour début 2027 », affirme-t-il, soulignant que seuls 120 milliards FCFA d'investissement auraient été engagés sur des prévisions de plus de 2 000 milliards.
Les partis politiques en campagne malgré tout
Malgré ces incertitudes, les formations politiques poursuivent leurs préparatifs. Le RDPC a organisé un séminaire stratégique le 22 juillet 2026, axé sur la mobilisation et la prévention des conflits de candidatures. Au SDF, Joshua Osih a lancé l'opération « Take back Bamenda » pour reconquérir son fief du Nord-Ouest, en vue des élections locales attendues au premier trimestre 2027.
À quelques mois de l'échéance théorique, la question reste entière : le double scrutin aura-t-il lieu en février 2027, comme le laissent entendre les prorogations de mandats, ou sera-t-il une nouvelle fois reporté, faute de financement et de stabilité institutionnelle ?









