Actualités of Wednesday, 14 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Scandale à la DGSN : La destitution de Mbarga Nguele entre en jeu

Mandela Center International (MCI) réclame l’ouverture d’une information judiciaire contre Martin Mbarga Nguele ainsi que sa démission ou sa destitution, dans le dossier d’une dette de carburant de 21,06 milliards de FCFA attribuée à la DGSN. Selon l’organisation, cette somme correspond à environ 22,8 millions de litres de super et de gasoil prélevés sur les stocks de sécurité de la SCDP et demeurés impayés malgré plusieurs alertes.

Le dossier du carburant de la police camerounaise prend une dimension politique et judiciaire. Dans une note d’information datée du 12 octobre 2026, Mandela Center International (MCI) exige l’ouverture d’une information judiciaire visant Martin Mbarga Nguele, délégué général à la Sûreté nationale (DGSN), ainsi que sa démission ou, à défaut, sa destitution par le chef de l’État.

À l’origine de cette offensive, un montant vertigineux : 21 061 896 338 FCFA. Selon MCI, ce chiffre figure dans une correspondance du 6 octobre 2026 adressée au secrétaire général de la présidence par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Il correspond à près de 22,8 millions de litres de super et de gasoil consommés par la DGSN, prélevés, selon la note, sur les stocks de sécurité de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP).

L’ONG affirme que ces prélèvements ont nourri une dette impayée, au point que la SCDP aurait annoncé l’arrêt des livraisons sans restitution préalable. Des documents du ministère des Finances évoquaient déjà une « dette flottante » en 2022 et 2023. Des courriers de la SCDP, datés de mars 2024 et juin 2025, auraient également alerté la DGSN. Un autre, transmis en 2026, aurait été adressé directement à Martin Mbarga Nguele. Comment ces consommations ont-elles pu se poursuivre malgré les alertes ?

Le dossier aurait également pris une tournure judiciaire. D’après les informations reprises par MCI, une cinquantaine de policiers auraient été interpellés ou auditionnés, l’affaire étant évoquée devant le Tribunal criminel spécial. La presse mentionne un préjudice potentiel proche de 40 milliards de FCFA, distinct de la dette chiffrée à 21 milliards. Toutefois, MCI reconnaît n’avoir pu authentifier les listes de personnes présentées sur les réseaux sociaux comme incarcérées. Les accusations concernant des versements à des supérieurs et un stockage de carburant dans un ranch privé à Nkoteng demeurent, elles aussi, non vérifiées.

C’est précisément cette incertitude que l’organisation veut voir levée par une enquête indépendante. Elle estime que la responsabilité ne saurait être recherchée uniquement parmi les exécutants, alors que Martin Mbarga Nguele dirige la police depuis août 2010. Elle demande aussi d’examiner le rôle des administrations chargées du financement et de l’approvisionnement.

MCI fixe un délai de huit jours pour l’ouverture d’une information judiciaire et des mesures conservatoires, puis de quarante-cinq jours pour un audit indépendant et l’élargissement des investigations. Faute de réponse, l’organisation menace de saisir des instances africaines et internationales.

Boris Bertolt