Actualités of Wednesday, 28 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Scandale des paris sportifs : Ngoh Ngoh et Atanga Nji impliqués

'La transparence n’est pas une option' 'La transparence n’est pas une option'

Le projet de partenariat entre le MINAT et la société CINETPAY pour la supervision des jeux de hasard au Cameroun suscite des interrogations sur la transparence de la procédure de sélection et la place accordée aux entreprises locales. Une correspondance du Secrétariat général de la Présidence évoque une non-objection à cet accord, sous réserve d’une validation préalable du projet de convention.

SCANDALE DANS L'OCTROI DU CONTRÔLE DES TRANSACTIONS FINANCIÈRES LIÉES AUX PARIS SPORTIFS AU CAMEROUN: LE CAMEROUN VA-T-IL CONFIER UN SECTEUR FINANCIER SENSIBLE À CINETPAY AU DÉTRIMENT DES ENTREPRISES LOCALES ?

Une correspondance du Secrétariat général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh datée du 16 octobre 2026 et adressée au ministre de l’Administration territoriale, soulève de sérieuses interrogations.

Le document indique que la Présidence ne s’oppose pas à la signature d’un accord entre le MINAT et la société CINETPAY, afin d’apporter une assistance technique à la supervision administrative des jeux de hasard au Cameroun.

Sur le papier, l’objectif paraît louable : mieux contrôler les opérateurs, lutter contre les plateformes clandestines, surveiller les points de vente et protéger les joueurs.

Mais au-delà de cette justification, plusieurs questions méritent des réponses publiques.

1. OÙ SONT PASSÉES LES ENTREPRISES CAMEROUNAISES ?

Le Cameroun dispose d’acteurs nationaux dans les paiements électroniques, l’agrégation des transactions et les portefeuilles numériques (wallets). Pourquoi ne pas avoir organisé une mise en concurrence transparente à travers un appel d'offres ou un appel à manifestation d'intérêt permettant d’évaluer les compétences, les garanties techniques et les offres des entreprises locales ?
L’argent, les données et les transactions générés au Cameroun ne devraient-ils pas aussi contribuer au développement de notre expertise nationale ?

2. LE DOSSIER SÉNÉGALAIS : DES SIGNAUX D’ALERTE QUI INTERPELLENT

En septembre 2025, plusieurs médias sénégalais ont rapporté une enquête portant sur des faits:
●D’escroquerie,
●De collecte illicite de données,
●De blanchiment de capitaux dans une affaire impliquant notamment des services de paiement de CINETPAY.

La société a contesté toute implication directe dans les activités illégales alléguées, affirmant qu’une entreprise tierce avait "détourné l’utilisation de ses services". Elle a également indiqué avoir coopéré avec les autorités et déposé plainte contre cette entreprise.

Il ne s’agit donc pas de présenter une culpabilité comme établie, mais de poser une question essentielle : quelles vérifications indépendantes ont été effectuées avant d’envisager de confier à cette entreprise une mission aussi sensible au Cameroun ?

3. EN CÔTE D’IVOIRE, UN CONTENTIEUX FINANCIER QUI INTERPELLE

En février 2026, le média spécialisé TechCabal a rapporté un différend financier entre CINETPAY et DPay Limited, concernant plus de 655 millions de FCFA dont le règlement était réclamé après des retards intervenus dans le contexte d’une cyberattaque.

Selon ce média, des mises en demeure avaient été adressées à CINETPAY et un plan de remboursement avait été proposé. En mars 2026, le dirigeant de CINETPAY a déclaré à l’Agence ivoirienne de presse que le dossier était entre les mains de la justice et que les remboursements se poursuivaient dans le cadre des instructions judiciaires.

Ce différend à lui seul soulève néanmoins des questions légitimes sur la sécurité des transactions, la gestion des incidents et la protection des fonds des partenaires.

4. ET LE KENYA ?

Des accusations circulent également au sujet de procédures judiciaires au Kenya à L'encontre de CINETPAY.

Dans un secteur aussi sensible, les autorités ne devraient-elles pas examiner sérieusement tous les antécédents judiciaires et réglementaires pertinents avant de retenir un prestataire ?

UNE SIMPLE DUE DILIGENCE AURAIT-ELLE PERMIS D’ÉVITER UN CHOIX À HAUT RISQUE ?

C’est précisément là que réside le problème !
Avant d’envisager de confier à CINETPAY une mission aussi stratégique que la supervision des activités liées aux jeux de hasard au Cameroun, une due diligence approfondie aurait dû constituer un préalable incontournable.

Il ne suffit pas de présenter une entreprise comme un prestataire technologique. Il faut examiner son historique, sa gouvernance, sa solidité financière, ses références, ses contentieux, ses procédures de conformité, la sécurité de ses systèmes informatiques et sa capacité à protéger les données sensibles.

UNE ENQUÊTE PRÉALABLE SÉRIEUSE AURAIT-ELLE RÉVÉLÉ DES SIGNAUX D’ALERTE SUFFISANTS POUR EXIGER DES GARANTIES SUPPLÉMENTAIRES ?

C’est une question légitime. Les éléments rapportés au Sénégal et le différend financier documenté avec DPay Limited justifient, à tout le moins, un examen rigoureux de l'offre de CINETPAY.

Dans un secteur où transitent des millions de transactions et des données financières sensibles, la réputation, la fiabilité opérationnelle et la capacité à protéger les fonds des clients ne sont pas des détails. Ce sont des critères fondamentaux.

MONSIEUR LE SGPR FERDINAND NGOH NGOH, QUI A VÉRIFIÉ QUOI ?

Le document présenté pose une question institutionnelle majeure : quelles diligences ont été accomplies avant d’envisager cet accord ?
●Un audit indépendant de la solidité financière et de la sécurité informatique de CINETPAY a-t-il été réalisé ?
●Les références de ses contrats publics et privés ont-elles été examinées ?
●Les contentieux et éventuelles procédures judiciaires dans les différents pays où elle opère ont-ils été vérifiés ?
●Les risques liés aux données personnelles, aux flux financiers et aux transactions transfrontalières ont-ils été évalués ?
●Les entreprises camerounaises compétentes ont-elles été consultées ?
●Quel sera le coût de cette assistance technique pour l’État ?
●Qui contrôlera les accès aux données, les mécanismes de traçabilité et les éventuels conflits d’intérêts ?

MONSIEUR LE SGPR, LE CAMEROUN A-T-IL ÉTÉ SUFFISAMMENT ÉCLAIRÉ AVANT QUE CETTE OPTION NE SOIT ENVISAGÉE ?

Le document ne permet pas d’affirmer que Ferdinand Ngoh Ngoh a personnellement été induit en erreur. Il est toutefois légitime de demander quelles informations ont été présentées aux décideurs et sur quelles analyses leur appréciation s’est fondée.

Par ailleurs, la correspondance évoque une non-objection de la Présidence et exige une validation préalable du projet de convention. Elle ne suffit donc pas, à elle seule, à démontrer que le contrat a déjà été signé ou qu’un gré à gré a effectivement été utilisé, ce qui veut dire que les pouvoirs publics peuvent encore se pencher sur ce problème et mener une véritable enquête sur cette entreprise.

EN 2026, AU MOMENT OÙ TOUS LES PAYS DU MONDE TABLENT SUR LE PATRIOTISME ÉCONOMIQUE, LE CAMEROUN NE MANQUE-T-IL PAS DE COMPÉTENCES POUR DEVOIR SYSTÉMATIQUEMENT CHERCHER L’EXPERTISE AILLEURS ?

Aujourd’hui, des entreprises camerounaises dirigées par des nationaux opèrent dans les paiements électroniques, l’agrégation des transactions et les portefeuilles numériques.

Pourquoi ne pas leur avoir donné l’occasion de démontrer leur savoir-faire dans le cadre d’une procédure transparente ?

La souveraineté numérique ne consiste pas simplement à acheter des solutions technologiques. Elle implique également de protéger les données, de maîtriser les flux financiers, de développer les compétences nationales et de garantir que les intérêts économiques du pays sont préservés.

LE DÉVELOPPEMENT DU NUMÉRIQUE AU CAMEROUN DOIT-IL SE FAIRE SANS LES CAMEROUNAIS ?

La transparence n’est pas une option. Dans un secteur aussi sensible que celui des jeux de hasard et des paiements numériques, elle est une obligation de bonne gouvernance.

Nous demandons aux autorités compétentes d’apporter des éclaircissements publics sur la procédure de sélection, les critères de qualification, les garanties financières et informatiques ainsi que les conditions de cet éventuel partenariat.

UNE DUE DILIGENCE RIGOUREUSE, UNE MISE EN CONCURRENCE TRANSPARENTE ET DES GARANTIES VÉRIFIABLES : VOILÀ CE QUE LES CAMEROUNAIS SONT EN DROIT D’ATTENDRE.

SHANCE LION