Actualités of Tuesday, 29 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Scandale de validité des attestations à l’Institut Universitaire Siantou

Des étudiants contestent la validité de leurs attestations et réclament les actes d’habilitation Des étudiants contestent la validité de leurs attestations et réclament les actes d’habilitation

Des étudiants de l’Institut Universitaire Siantou à Yaoundé demandent des clarifications sur la validité académique de certaines attestations et diplômes obtenus après leur formation.

À Yaoundé, un collectif d’étudiants de l’Institut Universitaire Siantou interpelle l’administration de l’établissement et le ministère de l’Enseignement supérieur sur la valeur académique de documents délivrés à l’issue de leur formation. Les concernés affirment avoir intégralement payé leurs frais, validé leur cursus et reçu des relevés de notes ainsi que des attestations de réussite portant uniquement la signature de responsables de l’institut.

Selon leur témoignage, des services du MINESUP leur auraient indiqué que l’établissement ne pourrait pas signer seul certains diplômes et attestations. Des étudiants disent également ne pas avoir pu identifier l’université d’État assurant la tutelle académique de leur filière et de leur promotion.

Certains établissements publics auraient refusé l’inscription de plusieurs diplômés en Master professionnel, au motif que leur Licence professionnelle ne présentait pas les garanties requises.

Les vérifications effectuées imposent toutefois une distinction essentielle. L’Institut Universitaire Siantou n’est pas absent des registres officiels : le site du MINESUP le classe parmi les Instituts privés d’enseignement supérieur de la région du Centre. Le répertoire ministériel des IPES mentionne notamment un accord de création du 12 juin 2002, une autorisation d’ouverture du 16 juillet 2002 et plusieurs arrêtés complémentaires signés entre 2002 et 2005.

Le MINESUP a également publié, pour l’année académique 2023-2024, les résultats d’un concours d’entrée en Licence de technologie à Siantou, en indiquant une tutelle académique de l’Université de Douala et une tutelle de l’Institut universitaire de technologie de Douala. En octobre 2023, le ministère avait par ailleurs participé à une cérémonie de remise de diplômes à l’institut et évoqué l’existence de plusieurs universités partenaires.

Ces éléments établissent l’existence légale et la reconnaissance institutionnelle de Siantou comme établissement privé. Ils ne suffisent cependant pas à confirmer automatiquement l’habilitation de chaque formation, de chaque niveau d’études et de chaque promotion. La reconnaissance d’un institut, l’ouverture d’une filière, la tutelle académique et l’autorité habilitée à signer un diplôme sont des questions distinctes.

Le cœur du litige porte donc sur des éléments précis : quelle université d’État encadrait les formations concernées ? Quelle convention de tutelle était applicable pendant l’année académique suivie ? Quel arrêté autorisait la Licence professionnelle contestée ? Et quelle autorité devait signer les relevés, attestations et diplômes définitifs ?

Les étudiants assurent ne pas contester le caractère privé de l’établissement. Ils demandent la communication des conventions de tutelle, des arrêtés d’habilitation de leurs filières et de tout document permettant aux universités, aux employeurs et aux administrations étrangères de vérifier la validité de leurs qualifications.

Boris Bertolt