Infos Sports of Friday, 22 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Sangaré devient le nouveau roi africain de la Ligue 1 et hérite de la couronne de Foé

Le 11 mai 2026, le verdict est tombé, Mamadou Sangaré, milieu de terrain malien du RC Lens, a été sacré lauréat du Prix Marc-Vivien Foé 2026, distinction qui récompense le meilleur joueur africain évoluant en Ligue 1. À seulement 23 ans et pour sa toute première saison dans l’élite française, l’international malien a balayé la concurrence avec une avance de 219 points sur son dauphin, le Sénégalais Lamine Camara (AS Monaco), tandis que Moussa Niakhaté (Olympique Lyonnais) complète le podium.


Le souvenir vibrant de Marc-Vivien Foé, légende du cameroun

Derrière ce sacre individuel se dessine une symbolique puissante. Le prix que Sangaré a reçu porte le nom de Marc-Vivien Foé, milieu de terrain international camerounais brutalement décédé le 26 juin 2003 en plein match de Coupe des Confédérations, au stade de Gerland à Lyon. Créé en 2009 par RFI puis co-organisé avec France 24 depuis 2011, ce trophée perpétue la mémoire d’un joueur dont l’impact a largement dépassé les frontières du cameroun foot , devenu au fil des ans un symbole panafricain de courage, d’humilité et d’excellence.

Voir un jeune malien, issu du même profil de milieu box-to-box, s’emparer de cette couronne près de vingt-trois ans après la disparition du Lion Indomptable confère au palmarès une profondeur historique remarquable. Le jury, composé d’une cinquantaine de journalistes spécialisés, devait cette année départager onze nommés parmi lesquels figuraient des cadres confirmés comme Pierre-Emerick Aubameyang (Olympique de Marseille) ou des révélations telles que Guéla Doué (Strasbourg).

L’absence remarquée d’Achraf Hakimi, tenant du titre mais écarté pour des raisons extra-sportives, avait ouvert la voie à une succession inédite. C’est finalement le nom de Sangaré qui s’est imposé comme une évidence, confirmant le basculement générationnel en cours au sein de l’élite africaine de Ligue 1.



Un triomphe sans contestation possible

Si le Prix Marc-Vivien Foé avait parfois donné lieu, par le passé, à des scrutins serrés, l’édition 2026 restera comme celle de l’unanimité. Avec un total de 313 points, Sangaré a littéralement surclassé ses rivaux, reléguant Lamine Camara à 94 points et Moussa Niakhaté à 84 points. Pour un joueur qui foulait les pelouses de Ligue 1 pour la première fois en août 2025, une telle domination relève de l’exceptionnel.

Débarqué dans l’Artois en provenance du Rapid Vienne contre un chèque de 8 millions d’euros, le gaucher formé à Bamako s’est imposé en quelques semaines comme la pièce maîtresse du dispositif de Pierre Sage. Son volume de jeu, sa justesse technique et son intelligence tactique ont rapidement conquis les travées de Bollaert, où son nom résonne désormais comme une promesse de victoire.


Une saison en chiffres qui frôle la perfection statistique

En 28 apparitions sous le maillot sang et or cette saison, Mamadou Sangaré a compilé 3 buts et 4 passes décisives, un bilan qui, pour un milieu relayeur, ne rend qu’imparfaitement compte de son influence sur le jeu lensois. 56 % de duels remportés, une moyenne de 6,8 ballons récupérés par match. Ce rendement constant a directement porté le RC Lens vers une qualification en Ligue des champions et une finale de Coupe de France à disputer face à l’OGC Nice le 22 mai prochain.

En effet, sans sa capacité à casser les lignes adverses, à sécuriser les transitions défensives et à offrir une première relance fiable, les Sang et Or n’auraient probablement pas tenu la cadence infernale imposée par le Paris Saint-Germain en tête du championnat. À l’arrivée, le club nordiste décroche le troisième Prix Marc-Vivien Foé de son histoire après ceux de Gervinho (2010, 2011) et d’Achraf Hakimi (2025).


L’héritage de Seydou Keita

Dans le cœur des supporters lensois, le numéro 8 floqué dans le dos de Mamadou Sangaré ravive le souvenir de Seydou Keita, un autre milieu malien qui avait marqué le club au début des années 2000. La comparaison, pour flatteuse qu’elle soit, n’effraie pas le jeune lauréat, qui l’assume avec maturité.

Ce parallèle inscrit Sangaré dans une lignée de milieux maliens (de Mohamed Sissoko à Amadou Haidara en passant par Yves Bissouma) qui ont bâti leur réputation sur un mélange de puissance athlétique, de lecture du jeu et d’humilité. Mais la trajectoire du Lensois s’en distingue par sa précocité.