Actualités of Wednesday, 12 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Avant de devenir le gardien des secrets de Paul Biya à Genève, Samuel Mvondo Ayolo a construit, sur près de quatre décennies, une carrière diplomatique jalonnée de mentors influents et d'épreuves politiques déterminantes. Selon des révélations de Jeune Afrique, cette trajectoire éclaire la confiance particulière que lui accorde aujourd'hui le chef de l'État camerounais.
D'après les informations de Jeune Afrique, Samuel Mvondo Ayolo est le fils de Moïse Ayolo, homme d'affaires ayant fait fortune dans le commerce du cacao avec des exportateurs grecs, et que Paul Biya considérait comme un frère. Le média précise que le jeune Mvondo Ayolo a grandi entre Meyomessala et Sangmélima, en plein cœur du fief électoral et familial du président camerounais — un ancrage qui explique, selon Jeune Afrique, pourquoi Paul Biya le considère lui-même « comme un fils ».
Jeune Afrique retrace le parcours d'un jeune Bulu parti étudier en France, où il obtient un diplôme en droit public à Lyon avant de rentrer intégrer l'administration camerounaise en 1985, à la direction de l'information du ministère des Relations extérieures. Selon le média, c'est à Yaoundé qu'il se lie d'amitié avec Philippe Mataga, alors directeur de cabinet de Paul Biya, qui deviendra son mentor et parrain professionnel. Un compagnon de longue date confie d'ailleurs à Jeune Afrique que c'est en grande partie grâce à ce parrainage qu'il a pu gravir les échelons du ministère. Un autre soutien de poids, l'ambassadeur Ferdinand Oyono, le promeut en 1997 directeur des Nations unies et de la Coopération décentralisée.
Le baptême du feu gabonais
Jeune Afrique consacre un développement particulier à l'épisode qui a révélé les talents de médiateur de Samuel Mvondo Ayolo : nommé ambassadeur à Libreville, il se retrouve, un an plus tard, au cœur de la crise de succession consécutive au décès d'Omar Bongo Ondimba, en 2009. Selon un ami cité par le média, il aurait alors reçu à sa résidence, d'un côté, la famille Bongo réunie autour d'Ali, et de l'autre, André Mba Obame, ministre de l'Intérieur contestant la succession — se plaçant ainsi, de facto, en position de médiateur entre les deux camps. Jeune Afrique rapporte également que lorsqu'André Mba Obame s'est éteint en 2015, Samuel Mvondo Ayolo comptait, selon un ancien lieutenant du défunt, parmi les amis lui étant restés les plus fidèles.
Nommé ambassadeur en France en avril 2016 après avoir vu Paul Biya lui préférer Lejeune Mbella Mbella pour le poste de ministre des Relations extérieures, Samuel Mvondo Ayolo se retrouve, selon Jeune Afrique, plongé dans les rivalités de clans qui se disputent déjà une influence à Paris — entre les réseaux de Mbella Mbella, de Louis Paul Motaze et de Ferdinand Ngoh Ngoh. Une expérience qui l'aura, selon le média, préparé à sa nomination surprise à la tête du cabinet civil en 2018, où l'attendait une rivalité destinée à durer avec ce même Ferdinand Ngoh Ngoh.
Cette accumulation d'expériences diplomatiques et de crises de succession gérées à distance dessine, selon Jeune Afrique, le profil d'un homme rompu à la gestion de situations sensibles bien avant d'être appelé à en gérer une, aujourd'hui, au sommet même de l'État camerounais.