Actualités of Wednesday, 4 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Samuel Eto'o sort la sulfateuse et détruit CFOOT

Face aux attaques répétées du média CFOOT, le président de la Fédération Camerounaise de Football a choisi l'offensive. Dans une interview accordée à Digital B Agency, Samuel Eto'o livre une réponse méthodique, technique et sans concession.

Il avait longtemps gardé le silence. Cette fois, Samuel Eto'o a décidé de répondre. Et il l'a fait avec la précision d'un homme qui connaît ses dossiers. Dans une interview récemment accordée à Digital B Agency, le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) a choisi de transformer la polémique en véritable leçon de gouvernance financière, clouant au passage le bec à ses détracteurs, au premier rang desquels le média CFOOT, auteur de nombreuses accusations de détournement de fonds à son encontre.
« L'ordonnateur ne touche pas l'argent »

D'entrée de jeu, Eto'o s'attaque au cœur du malentendu — ou de la manipulation, selon lui. « Quand je suis arrivé à la tête de la fédération camerounaise de football, je n'étais que l'ordonnateur des dépenses. L'ordonnateur ne touche pas l'argent, mais les gens veulent vous faire croire que lorsque le budget est validé, on prend l'argent et on vient déposer à la fédération. Nous avons un agent comptable », a-t-il déclaré, posant d'emblée les bases d'une démonstration aussi pédagogique que cinglante.

Une précision qui n'est pas anodine : en droit public, l'ordonnateur prescrit l'exécution des dépenses, mais c'est l'agent comptable — seul habilité à manier les deniers — qui procède aux paiements effectifs. Deux fonctions distinctes, deux responsabilités distinctes. Une réalité que ses accusateurs semblent, selon lui, délibérément ignorer.

Eto'o a ensuite décrit avec précision le parcours des fonds fédéraux, balayant l'image d'une caisse noire aux mains d'un seul homme. « Les budgets sont montés par les équipes de la fédération, transmis au ministère des Sports, et il y avait une réunion où l'on défendait le budget sous l'arbitrage du Premier Ministre, qui prenait la décision », a-t-il expliqué.

Un processus multipartite, impliquant l'État à plusieurs niveaux, qui rend d'autant plus difficile toute tentative de détournement unilatéral. Le président de la Fecafoot a également tenu à replacer les chiffres dans leur vrai contexte. « Quand on vous dit que le budget est de 6 milliards, il n'est pas uniquement pour les joueurs. Quand les Lions se déplacent, c'est le Cameroun qui se déplace », a-t-il rappelé, citant pêle-mêle les frais de souveraineté, les services de sécurité, les représentations diplomatiques, ou encore les contributions de la Présidence, du Premier Ministère et du Ministère des Finances, tous intégrés dans cette enveloppe globale.

Enfin, pour couper court à toute suspicion sur la gestion interne, Samuel Eto'o a mis en avant une mesure-clé introduite sous son mandat : le paiement exclusif par virement bancaire. « Nous avons choisi de payer uniquement par virement bancaire pour avoir une meilleure traçabilité à tous les niveaux », a-t-il affirmé. Une décision qui laisse une empreinte comptable vérifiable à chaque transaction, et qui constitue, de fait, la meilleure réponse aux accusations d'opacité financière.

C'est la première fois que le patron du football camerounais répond aussi frontalement et aussi techniquement aux multiples accusations qui l'ont visé depuis son arrivée à la tête de la Fecafoot. Une sortie remarquée, qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la fédération et certains médias spécialisés, CFOOT en tête.

En choisissant l'explication plutôt que l'invective, Samuel Eto'o semble avoir opté pour une stratégie de reconquête de l'opinion — convaincre par les faits, là où d'autres auraient cédé à l'émotion. Un pari audacieux, mais qui pourrait bien rebattre les cartes dans ce feuilleton qui empoisonne depuis trop longtemps le football camerounais.