Actualités Régionales of Friday, 2 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Sacre du King Akwa : Les notables de Bonéléké contestent la position du gouverneur du littoral

À l’approche du sacre annoncé de Louis Din Dika comme King Akwa le 10 octobre 2026, le collège des notables de Bonéléké conteste la position du gouverneur du Littoral et demande la publication des documents ayant conduit à sa désignation.

À l’approche de la cérémonie annoncée pour le 10 octobre 2026, le collège des notables de Bonéléké réclame la publication des pièces ayant conduit à la désignation de Louis Din Dika. Dans un communiqué, il conteste l’intervention du gouverneur et défend le rôle du sous-préfet dans l’encadrement de la manifestation.

La bataille autour de la succession au canton Akwa connaît un nouvel épisode. Dans un communiqué de deux pages, le collège des notables de Bonéléké, qui revendique la compétence coutumière pour choisir le chef traditionnel du canton, critique la position du gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua.

Le document répond au communiqué régional du 28 septembre 2026, dans lequel le gouverneur rappelle la régularité administrative du parcours de Louis Din Dika. Selon les éléments de ce communiqué rapportés par 237online, les consultations du 15 mars 2022 ont été suivies d’un arrêté du Premier ministre, n°005/PM du 23 janvier 2023, puis d’une installation administrative le 15 juillet 2023.

Pour les notables contestataires, cette présentation ne règle pas le différend. Ils demandent que les autorités produisent les pièces permettant de vérifier chaque étape de la procédure, plutôt que d’en affirmer uniquement la conformité.

Cinq pièces réclamées pour éclairer la désignation

Le collège réclame notamment le procès-verbal du choix au sein de la famille royale, l’arrêté préfectoral convoquant les consultations, le procès-verbal des consultations des notables, la transmission du dossier à la hiérarchie et l’original de l’arrêté du Premier ministre portant désignation.

Ces demandes constituent le cœur de leur argumentation : les signataires contestent la qualité des consultations et soutiennent que la notabilité qu’ils représentent devait être associée au processus. Leur affirmation selon laquelle aucun dossier régulier n’existerait reste toutefois une position de partie. Elle se heurte au parcours administratif invoqué par le gouverneur et à la référence à un arrêté du Premier ministre.

Une procédure judiciaire qui ne tranche pas encore la succession

Cette contestation s’inscrit dans le prolongement de l’affaire Elame Claude contre l’État du Cameroun, représenté par le préfet du Wouri. L’extrait judiciaire précédemment transmis porte la référence arrêt n°59/QD/2026 du 9 septembre 2026.

Son dispositif annule le jugement n°421/QD/2023 du 7 décembre 2023 du Tribunal administratif du Littoral et renvoie le dossier devant cette juridiction pour qu’elle statue conformément à la loi.

La distinction est déterminante : cet extrait établit l’annulation d’un jugement et le renvoi du dossier. Il ne prononce pas, dans son dispositif, l’annulation de l’arrêté de désignation de Louis Din Dika, ni l’interdiction du sacre. La décision relance donc le contentieux sans désigner elle-même le titulaire légitime de la chefferie.

Le sacre, autre terrain de confrontation

Les notables développent également une contestation portant sur la cérémonie. Ils estiment que le « sacre » relève d’un événement organisé à titre privé et ne saurait, à lui seul, conférer une qualité administrative. Ils critiquent aussi l’usage du titre de « King ». Les qualifications pénales qu’ils avancent à ce sujet sont leurs accusations ; aucune décision judiciaire établissant ces infractions n’est présentée dans le communiqué.

Pour l’événement prévu le 10 octobre, les signataires invoquent la loi sur les réunions et manifestations publiques et défendent la compétence du sous-préfet territorialement concerné. Ils accusent le gouverneur de prendre parti et soutiennent qu’une intervention destinée à imposer une conduite au sous-préfet constituerait un abus de fonction. Là encore, il s’agit de leur interprétation juridique.

La position régionale, telle que rapportée dans la presse, insiste au contraire sur la reconnaissance administrative de Louis Din Dika et sur la possibilité pour la chefferie de pratiquer ses rites dans le respect de la législation et des usages du canton.

À huit jours de la date annoncée, trois questions restent ainsi imbriquées : la régularité de la désignation, la reconnaissance coutumière et les conditions d’organisation de la cérémonie. La publication des pièces administratives et la poursuite du contentieux permettraient d’éclairer les deux premières. L’encadrement de la manifestation doit, quant à lui, préserver l’ordre public dans un contexte de contestation persistante.

Boris Bertolt