Actualités of Monday, 5 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Sacre de Louis Din Dika : pour qui penche l’argument juridique

Dans une communication publiée sur la page Facebook d’un lanceur d’alerte, que d’aucuns attribuent au clan des contestataires au sacre du king Akwa, un arrêt de la Cour suprême est au centre de la contestation sur fond de bras de fer entre le gouverneur du Littoral et le préfet du Wouri, écrit l’Indépendant n°1070. Le journal dans sa parution du lundi 5 octobre ne s’arrête pas et détaille tout.

Il est invoqué un arrêt du 9 septembre pour réclamer la suspension des cérémonies. Le document annule un jugement et renvoie le dossier au tribunal administratif du Littoral, sans ordonner expressément l’arrêt du processus.

« Alors que le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, rappelle la régularité du parcours administratif de Louis Din Dika, les opposants à sa désignation remettent au premier plan une procédure judiciaire toujours ouverte. Le document est un extrait du plumitif de la chambre administrative de la Cour suprême. Il porte la référence arrêt n°59/QD/2026 du 9 septembre 2026, dans l’affaire Elame Claude contre l’État du Cameroun, représenté par le préfet du département du Wouri. La juridiction déclare le pourvoi recevable et fondé, puis annule le jugement n°421/QD/2023 rendu le 7 décembre 2023 par le tribunal administratif du Littoral. Elle retourne le dossier à cette juridiction pour qu’il soit statué conformément à la loi et met les dépens à la charge du Trésor public. La distinction est essentielle : l’acte expressément annulé dans cet extrait est le jugement du tribunal administratif. Le dispositif reproduit ne prononce ni l’annulation d’un acte préfectoral de désignation, ni celle de l’arrêté d’homologation de Louis Din Dika, ni la suspension du sacre. L’extrait ne présente pas non plus les motifs détaillés de l’arrêt. Il établit cependant que le contentieux doit revenir devant le tribunal », peut-on lire.

Selon le récit des contestataires, poursuit le lanceur d’alerte, celui-ci s’était initialement déclaré incompétent pour examiner leur recours. Ils voient donc dans la décision de la Cour suprême une étape déterminante pour obtenir l’examen de leurs griefs. Leur contestation remonte au processus de succession.

La famille Bona Dika du village Boneleke, qui se présente comme coutumièrement habilitée à désigner le chef supérieur du canton AkwaBonambela, affirme avoir choisi Jean Pascal Ngando Ebongue lors d’un conclave tenu le 13 février 2021. D’après cette version, la réunion organisée le 15 mars 2022 par le préfet de l’époque, Benjamin Mboutou, n’aurait pas permis une consultation régulière de la notabilité compétente.

Les contestataires reprochent à l’administration d’avoir présenté Louis Din Dika comme nouveau chef sans respecter leur rôle coutumier. Ces affirmations constituent leur argumentaire ; l’extrait judiciaire fourni ne les consacre pas comme des faits établis. Ils invoquent notamment les articles 10 et 11 du décret n°77/245 du 15 juillet 1977. Ces dispositions prévoient des consultations lors de la vacance d’une chefferie et rendent obligatoire celle des notabilités coutumières compétentes. La question de savoir quelles notabilités devaient être consultées, et dans quelles conditions elles l’ont été, se trouve ainsi au cœur du différend décrit.