Actualités of Thursday, 10 September 2026

Source: www.camerounweb.com

SED : la famille Baboke ne dort plus tranquillement

L’exploitation illégale de l’or dans le pays, l’État tient coûte que coûte à punir ce fait. Ce scandale, dont nous avons commencé par parler depuis un moment maintenant, va finir au Secrétariat d’État à la défense (SED). Boris Bertolt fait savoir que la commission mixte ordonnée par Paul Biya enquête avec un homme beaucoup plus sur les radars. Dans la sorte de tribune publiée par le journaliste, on apprend beaucoup de choses.

L’enquête sur le trafic illégal de l’or camerounais se poursuit au Secrétariat d’État à la défense chargé de la gendarmerie nationale. Selon nos informations, de hauts responsables du secteur minier sont entendus dans le cadre des investigations conduites par la commission mixte mise sur pied sur instructions du président Paul Biya. Ces auditions ne signifient toutefois pas, à elles seules, que les personnes entendues sont mises en cause.

La création de cette commission est documentée. Dans une correspondance datée du 23 février 2026, le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a transmis au secrétaire d’État à la défense chargé de la gendarmerie nationale les « très hautes instructions » de Paul Biya prescrivant la mise en place urgente d’une commission d’enquête mixte sur le trafic illégal d’or au Cameroun. Sa mission consiste notamment à identifier les acteurs impliqués et à établir les différentes responsabilités.

44 tonnes d’or hors des circuits officiels

L’ampleur des anomalies explique la sensibilité de l’enquête. Le MINMIDT a publié, le 24 juillet 2026, son bilan des exploitations d’or pour la période 2021-2025. L’administration évalue à 44 tonnes les quantités concernées par la contrebande et chiffre à environ 557 milliards de francs CFA les pertes fiscales enregistrées par l’État en cinq ans. Des procédures de redressement fiscal et douanier ont été annoncées au Cameroun et à l’étranger.

Le cas de 2023 donne une idée encore plus spectaculaire des écarts. Selon l’ITIE, le Cameroun n’a officiellement enregistré que 22,3 kg d’or exportés, tandis que les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé plus de 15 tonnes d’or en provenance du Cameroun au cours de la même année.

Cela représente un écart proche d’un facteur 700. L’ITIE estime que ces fuites pourraient représenter environ 300 millions de dollars, soit 165 milliards de francs CFA de pertes de recettes par an. Il s’agit d’une estimation des pertes potentielles, et non d’un montant de détournements judiciairement établi.

Une enquête pour remonter les circuits

Ces chiffres posent une question centrale : comment des tonnes d’or présentées à l’étranger comme provenant du Cameroun peuvent-elles échapper aux statistiques officielles du pays ?

L’ITIE pointe plusieurs vulnérabilités : insuffisance de la traçabilité, faiblesse de la surveillance de la chaîne aurifère, absence de suivi en temps réel sur certains sites et frontières permettant à une partie de la production de sortir des circuits formels. L’organisation confirme également que les révélations sur ces écarts ont contribué au déclenchement d’une enquête présidentielle sur le trafic d’or.

Le gouvernement a depuis renforcé son dispositif. Le MINMIDT indique notamment que les Impôts et les Douanes doivent désormais participer à la collecte sur les sites miniers aux côtés de la Sonamines, afin que les prélèvements soient effectués directement à la source.

C’est donc dans ce contexte que les auditions actuellement rapportées au SED prennent toute leur importance. L’enjeu pour la commission mixte est désormais de passer des anomalies statistiques à l’identification des circuits, des mécanismes et, lorsque les preuves le permettent, des responsabilités individuelles.

Car derrière les chiffres, l’équation est considérable : 44 tonnes d’or concernées sur cinq ans et 557 milliards de francs CFA de pertes fiscales selon le MINMIDT. L’enquête conduite au SED devra désormais établir où est passé cet or, par quels circuits il a quitté le territoire et quels acteurs ont éventuellement participé à son exploitation ou à son commerce illicite.