Actualités of Sunday, 8 March 2026

Source: www.camerounweb.com

SED/ Mort d'Anicet Ekane : privé de son extracteur d'oxygène pendant 35 jours, la famille parle de négligence grave

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Il souffrait d'une maladie pulmonaire chronique. Mais ses médecins étaient formels : cette affection n'engageait pas son pronostic vital, à condition qu'il dispose de son extracteur d'oxygène. C'est la révélation centrale que livre à Jeune Afrique le fils d'Anicet Ekane, Elombo Ekane, dans un entretien exclusif publié ce dimanche. Et ce qu'il décrit ensuite transforme la mort de son père en une question judiciaire et morale que le Cameroun ne peut plus ignorer.


Dès l'arrestation d'Anicet Ekane, le 24 octobre 2025, ses avocats ont immédiatement signalé son état de santé aux autorités et demandé que son extracteur d'oxygène lui soit remis. Selon les informations exclusives recueillies par Jeune Afrique, cette demande a été refusée pendant presque toute la durée de la détention.

Le verdict tombe comme un couperet dans le récit d'Elombo Ekane : « Il n'a été autorisé à utiliser son extracteur que le 28 novembre. Trois jours avant sa mort. » Trois jours. Après 35 jours de privation d'un appareil médical indispensable à sa survie.


La famille ne mâche pas ses mots face à Jeune Afrique. « La nature lui avait peut-être donné cette affection pulmonaire, mais ce sont ses conditions de détention qui ont précipité son destin tragique », affirme Elombo Ekane. Et d'aller plus loin : « Refuser à une personne souffrant d'insuffisance respiratoire l'accès à son appareil à oxygène constitue au minimum une négligence grave. Certains iraient jusqu'à qualifier cela de non-assistance à personne en danger. »
Des mots qui, dans la bouche d'un fils endeuillé, sonnent comme les prémices d'une qualification pénale. Une qualification que la famille semble vouloir porter devant les juges.


Pour compliquer encore davantage la recherche de la vérité, l'autopsie officielle a conclu à une « mort naturelle ». Mais selon les révélations de Jeune Afrique, la famille n'a jamais reçu le rapport d'autopsie — elle ne dispose que des informations rendues publiques via un communiqué du ministère de la Défense. Pire : leur demande de voir un tiers indépendant assister à l'autopsie a été refusée.

Et l'enquête sur les circonstances du décès a été confiée à la gendarmerie — l'institution même dans les locaux de laquelle Anicet Ekane est décédé. « Celle-ci ne peut être à la fois juge et partie », dénonce son fils dans Jeune Afrique. La famille se réserve le droit de demander une contre-autopsie indépendante.