Actualités of Wednesday, 12 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Depuis le début de la guerre de succession qui sévit au sein du sérail, Ferdinand Ngoh Ngoh est présenté comme l’un des hommes les plus puissants du régime camerounais, en raison notamment de sa proximité avec Paul Biya, de sa délégation de signature et de son influence sur les grands projets, les nominations, le renseignement et certains réseaux d’affaires. Dans une réflexion, publiée sur les réseaux sociaux, Narcisse Nganchop, l’un des gendres de Chantal Biya, l’accuse politiquement d’avoir progressivement concentré les leviers du pouvoir, d’avoir favorisé des réseaux d’influence et s’interroge sur la gestion des fonds publics, des ressources minières et sur certains patrimoines à l’étranger.
QUI EST FERDINAND NGOH NGOH, Le secrétaire général à la Présidence de la république qui terrorise tout un peuple ?
Au Cameroun, il faut avoir le courage de poser une question qui dérange. Depuis plus de quinze ans, Ferdinand Ngoh Ngoh s’est installé au cœur du pouvoir camerounais.
Ministre d’État, secrétaire général de la Présidence de la République, il bénéficiait d’une confiance exceptionnelle du président Paul Biya.
Cette position, renforcée par la délégation permanente de signature qui lui a été accordée en 2019, lui a permis, de devenir l’un des hommes les plus puissants du régime. Mieux, d'en devenir le numéro 2.
Il a progressivement transformé cette confiance présidentielle en véritable système de pouvoir.
Un pouvoir qui écrase les ministres
Depuis une dizaine d’années, de nombreux grands projets du Cameroun passent par le secrétariat général de la Présidence ou par des structures spéciales placées sous son influence. La CAN en est un exemple emblématique. Les Task Forces chargées de certains grands projets ont placé Ferdinand Ngoh Ngoh au centre de mécanismes qui ont suscité de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds publics avec des détournements massifs. Je pose donc la question...
Comment les ministres peuvent-ils encore exercer pleinement leurs responsabilités lorsque les dossiers les plus stratégiques remontent directement au secrétariat général de la Présidence ?
C’est, l’une des principales raisons de l’affaiblissement progressif du gouvernement.
Les nominations et le réseau de fidélité
Le problème ne concerne pas uniquement les finances.
Il concerne également les nominations et la constitution d’un réseau.
Ferdinand Ngoh Ngoh a passé des années à placer ou à favoriser des hommes susceptibles de lui être fidèles dans des secteurs stratégiques de l’État.
Le renseignement constitue à cet égard un dossier particulièrement sensible
Les changements intervenus à la tête de la DGRE et les liens professionnels antérieurs de certains responsables avec le secrétariat général de la Présidence sont la preuve d'une volonté de renforcer l’influence de Ferdinand Ngoh Ngoh sur les services de renseignement. Cette bataille autour du renseignement révèle une lutte beaucoup plus profonde.
Le contrôle de l’information, des réseaux et des rapports de force au sommet du régime. Les réseaux étrangers.
J’accuse également, dans ma lecture politique, Ferdinand Ngoh Ngoh de construire autour de lui des réseaux internationaux afin de renforcer son influence.
Exemple: les réseaux israéliens et des tentatives de rapprochement avec certains réseaux français et américains via le mercenaire israélien Eran Moas.
Ces réseaux ont effectivement servi à renforcer un dispositif de sécurité, de renseignement et d’influence politique autour de Ferdinand Ngoh Ngoh.
Mais le problème ne s’arrête pas là.
Les fortunes à l’étranger !!!
Selon les informations dont je dispose, certains proches de Ferdinand Ngoh Ngoh auraient constitué d’importants patrimoines à l’étranger, notamment à travers des propriétés privées en Israël, aux États-Unis au Canada et dans d’autres pays. Ces mêmes informations font état de comptes et de structures financières offshore dans différentes juridictions, notamment aux États-Unis d'Amérique, en Israël et dans des places financières réputées pour leur confidentialité.
Je pose donc une question simple... D’où vient cet argent ? Je demande que soient vérifiés les patrimoines immobiliers, les sociétés, les bénéficiaires effectifs et les éventuels comptes offshore liés à ces réseaux. Je ne demande pas qu’on me croie sur parole. Je demande que l’on vérifie.
Si ces fortunes sont légales, que les documents le démontrent.
Une petite enquête sur le mercenaire Eran Moas, et le peuple aura des éléments de réponse. Des fonds publics camerounais ont été détournés, dissimulés et transférés à l’étranger à travers des sociétés-écrans, des prête-noms et des structures offshore par Ferdinand Ngoh Ngoh et son réseau.
L’or et les ressources du Cameroun
La question de l’or camerounais ajoute une autre dimension à cette affaire. Les controverses récentes autour de l’exploitation et de la sortie de l’or du Cameroun montrent que les ressources minières constituent désormais un enjeu majeur au sommet de l’État.
Et je pose encore une fois la question...
Qui contrôle réellement l’or camerounais ?
Qui contrôle les autorisations ?
Qui contrôle les circuits d’exportation ?
Qui profite réellement de ces richesses ?
Puisque tout est géré depuis le secrétariat Général à la présidence de la république. Le Cameroun possède des ressources considérables, mais les Camerounais restent pauvres. Il faut donc examiner toute la chaîne, des sites d’exploitation jusqu’aux bénéficiaires finaux. Toutes les enquêtes pointent vers Ferdinand Ngoh Ngoh.
Les éliminations et les affaires les plus sombres
Il existe enfin une dimension encore plus grave. L'élimination et la neutralisation de personnes considérées comme gênantes.
Ferdinand Ngoh Ngoh est lié, directement ou indirectement, à certaines affaires extrêmement graves, notamment des décès et des opérations de neutralisation politique. Je demande des enquêtes indépendantes. Je ne veux pas que l’on enterre ces dossiers. Je veux que la vérité sorte. Si ces accusations sont fausses, qu’elles soient démontées par des preuves. Si elles sont fondées, que Ferdinand Ngoh Ngoh soit poursuivi.
Le « coup d’État scientifique »
C’est dans ce contexte que j’emploie l’expression « coup d’État scientifique ». Je ne parle pas d’un coup d’État militaire. Je parle d’une prise de contrôle progressive des mécanismes essentiels du pouvoir. La signature, les dossiers, les grands projets, les nominations, les réseaux administratifs, le renseignement, les finances et les relations avec les différents cercles du pouvoir. Pas besoin de chars dans les rues. Il suffit de contrôler progressivement les leviers de l’État. Voilà ce que j’appelle un coup d’État scientifique.
C'est cette stratégie qui correspond réellement à ce qui se déroule depuis une dizaine d’années, avec une concentration du pouvoir extrêmement préoccupante autour de Ferdinand Ngoh Ngoh.
Qui est donc Ferdinand Ngoh Ngoh ?
Pour moi, Ferdinand Ngoh Ngoh n’est plus simplement le secrétaire général de la Présidence. Il représente dorénavant un système dans le système. Un système construit autour de la confiance présidentielle, de la délégation de signature, du contrôle des grands dossiers, des nominations, des réseaux d’influence, du renseignement et, de circuits financiers qui méritent d’être examinés jusqu’au bout. Il a transformé la confiance du président Paul Biya en instrument de puissance. Je l’accuse politiquement d’avoir contribué à l’affaiblissement des ministres. Je l’accuse politiquement d’avoir construit un réseau d’influence considérable au sein de l’appareil d’État. Et je demande que toute la lumière soit faite sur les finances publiques, les grands projets, la CAN, les ressources minières, les nominations, le renseignement, les réseaux étrangers, les patrimoines à l’étranger et les accusations concernant les morts et les neutralisations politiques.
Si Ferdinand Ngoh Ngoh n’a rien à se reprocher, que les dossiers soient ouverts. Si les accusations sont fausses, que les preuves les détruisent. Mais si elles sont fondées, que la justice fasse son travail. Car le Cameroun n’est la propriété ni de Ferdinand Ngoh Ngoh, ni d’un réseau, ni d’une oligarchie. Le Cameroun appartient au peuple camerounais. Et c’est précisément pour cette raison que je considère Ferdinand Ngoh Ngoh, dans ma lecture politique, comme le principal responsable de la dérive du système et l’homme le plus dangereux du pouvoir actuel.
Narcisse Nganchop