Selon des sources citées au sein du ministère, près de 80 % des visas seraient désormais délivrés par voie électronique. Le dispositif générerait également des recettes estimées à près d’un milliard de FCFA par mois, principalement en devises, versées sur un compte séquestre ouvert auprès de la Banque centrale.
C’est toujours à pas comptés qu’il marche, sans jamais se hâter. Un homme qui donne le sentiment de battre la mesure, à hauteur d’une chorégraphie interne qui est aussi celle de ceux qui se pensent comme indispensables et à cet effet, désormais dispensés d’explications et de justifications. Un homme qui porte les certitudes de son âge, serein, et dont une part du contentement tient aujourd’hui du succès relatif avec lequel se porte au bilan le basculement en cours des procédures d’obtention des visas, pour les étrangers entrant au Cameroun sur format exclusivement électronique.
Mouvement de digitalisation
Le nom du dispositif ? e-visas dont la réforme a commencé à être implémentée il y a seulement deux ans, après une longue période d’atermoiements – comme il est de funeste tradition dans l’administration camerounaise. Tout cela, pour faire corps avec le vaste mouvement de digitalisation de la vie publique, dont l’occupant du siège à l’intérieur du palais d’Etoudi a quelques fois souvent rappelé l’importance, dans des discours hélas dépourvus d’énergie et de congruence, au cours des dernières années.
Un homme donc, Lejeune Mbella Mbella qui a pris le taureau par les cornes, et décidé de faire sa part. Tant et si bien que, à ce jour, diverses sources à l’intérieur du Ministère des Relations extérieures affirment que pas loin de 80% des visas de franchissement des frontières camerounaises s’obtiennent dorénavant par ce procédé sur lequel le Cameroun est au demeurant arrivé dramatiquement en retard, si on le compare aux démarches de même type engagées par de nombreux pays dans le monde, y compris en Afrique.
Compte séquestre
Comme souvent, les fonctionnaires camerounais se pressent lentement, mesurant à l’infini le bien-fondé de toute réforme à mesure de leurs gains et de leurs pertes personnelles, si habitués qu’ils sont à la corruption et à divers tours de passe-passe portant essentiellement aux détournements des deniers publics. Au rang de ceux qui ont jadis freiné la réforme, apprend-on, les services de police travaillant aux frontières, qui s’engraissaient d’année en année en traitant la majorité de ces demandes d’accès au territoire et, de ce fait, récupéraient la majorité des gains, en n’en déclarant que des miettes.
Aujourd’hui et après deux ans d’implémentation, le dispositif e-visa affiche des recettes financières insolentes, de l’ordre de quasiment 01 milliard par mois – revenus, qui plus est, majoritairement acquis en devises internationales. Aussi, le compte séquestre constitué à cet effet au niveau de la Banque centrale grossit-il de jour en jour, confirmant la justesse de cette réforme qui vient se situer sur la ligne générale d’un renforcement de la centralisation des recettes de l’Etat, à travers le compte unique du Trésor.
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