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General News of Thursday, 19 April 2018

Source: Essingan No 081

Sénat: les dessous de la nomination du Professeur Albert Mbida


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Nommé sénateur par le chef de l’Etat, Paul Biya le 12 avril 2018, ce haut commis de l’Etat et enseignant d’université à la retraite, est un biyaiste de la première heure.

Avec humilité, joie et flegme, Albert Mbida a célébré le jeudi 12 avril 2018, son avènement au parlement camerounais en qualité de sénateur nommé par le président de la République, Paul Biya. «C’est une surprise. Je ne m’y attendais pas. C’est un sentiment de joie et de fierté, de voir que le président de la République, usant de ses pouvoirs discrétionnaires, a pensé à ma modeste personne», a dit sourire aux lèvres, celui que ses anciens étudiants appellent, «le prof».

Pour lui également, c’est le militantisme, la loyauté et la fidélité qui sont ainsi récompensés. Car, Albert Mbida dont l’opinion globalement découvre le patronyme, Mbida Mvondo Albert, est un inconditionnel de Paul Biya. Militant de la première heure du Rassemblement du peuple camerounais (Rdpc), il en aura été député suppléant. Souvent consulté par les autorités du Comité central du parti, il n’a malheureusement pas souvent fait partie des conseillers et autres responsables des commissions au niveau central.

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Qu’importe! La voix d’Albert Mbida a toujours compté. Frondeur sur les bords, impertinents (qualité normale d’un journaliste) et souvent à contrecourant des usages établis, celui que la chaîne de télévision Vision4 où il officie comme conseiller technique, a célébré de manière particulière et spontanée à sa nomination de jeudi dernier, est un personnage controversé.

Par ses prises de position, sa manière d’être et son tempérament. Au cours du mois de novembre 2017 par exemple, répondant aux questions des journalistes en qualité d’invité du 13h de la Crtv radio, Albert Mbida disait par exemple que «toute la génération androïde doit aller en prison». Même s’il s’agit d’une appréciation du point de vue du droit, elle a suscité de nombreuses interrogations. Il en est également de son appartenance au groupe des modernistes du Rdpc.

Un groupe qui prônait une évolution des textes et usages du parti au pouvoir. Un groupe auquel le président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais a donné raison. Mais dont certains membres ont été bannis.

A la fois conservateur et révolutionnaire, le parlementaire qui attend la session de plein droit, estime pour sa part qu’il est incompris. «Sauf du président de la République», lui rétorque un admirateur, rappelant qu’au lendemain de la publication du décret nommant Félix Zogo au poste d’inspecteur général au ministère de la Communication, sonnant ainsi le départ à la retraite de M. Mbida, le jeudi 18 février 2016, le site d’information Cameroon-info.net, s’était précipité de titrer: «Paul Biya met Albert Mbida à la retraite».

C’était sans compter «avec la mémoire du chef de l’Etat qui sait récompenser la fidélité et la loyauté». Souvent malmené par des administratifs, au passage victime de frustrations et des envies, Albert Mbida a toujours joué la carte du droit.

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C’est le cas de sa complainte au Premier ministre le 17 juin 2016. «Ce qui se passe est inacceptable. Je suis retraité depuis presque un an. Mais depuis là, je n’ai jamais reçu un centime de ma pension de retraité. Toutes les démarches que j’ai entreprises sont jusque-là restées vaines. Cette situation ne saurait cependant me détourner de mon soutien indéfectible au président Biya», ainsi s’indignait Albert Mbida dans les colonnes de Le Messager du jeudi 22 septembre 2016.

Moments difficiles

L’ancien professeur de rang magistral du droit de la presse avait aussi saisi le ministre de l’Enseignement supérieur afin que ce dernier engage la procédure règlementaire qui permette de suspendre le salaire fonctionnel et déclencher le processus de l’octroi de la pension retraite. Des retards vécus par le concerné comme de la préméditation. «Je suis choqué de vivre des moments aussi difficiles. Pour avoir ce qui me revient de droit, je dois attendre des mois un avis de la primature qui viendra je ne sais quand». Il plaidait pour certains autres de ses confrères des universités d’Etat, tous dans cette situation: André Ntsobe Njoh, Jean Pierre Biyiti Bi Essam, Boniface Ayissi Mama, etc.

Auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques dont «Le directeur de publication dans le droit positif de la communication au Cameroun: clé de voûte et pivot de l’organe de communication». Il expliquait, pour justifier un tel parti pris le 26 novembre 2013 lors de la cérémonie de dédicace qu’il a fait «des recherches sur le directeur de publication parce que j’avais constaté que dans la loi sur la communication, ce monsieur ou cette dame, était cité (e) 35 fois. Ça veut dire qu’il a une certaine importance. Il y avait un certain nombre de conditions qu’on devait remplir pour être directeur de publication et un certain nombre d’activités à faire avant, pendant et après la création d’un journal ou pour la parution d’un numéro d’un journal. Voilà pourquoi, dans le cadre de ma recherche, j’ai voulu étudier le directeur de publication.

Mais aussi parce que pour changer de grade à l’Université, il faut faire des publications. C’est le deuxième livre que j’ai produit dans mon dossier pour être professeur titulaire», avait cru savoir l’universitaire. Titulaire d'un Dea, de sciences politiques de Paris-I, d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication de l'université de Paris-II et d'une habilitation à diriger les recherches de l'université de Douala, Albert Mbida est maître de conférences à l'université de Yaoundé-II (Esstic).

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Directeur de la communication et successivement conseiller technique puis inspecteur général au ministère camerounais de la Communication, il aura été cumulativement à ses fonctions d'enseignant des techniques rédactionnelles, du droit et de la déontologie des médias à l'Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic).

Professeur associé à l'Institut des relations internationales (Iric) et dans d’autres instituts universitaires, l’homme aura pendant longtemps été reporter sportif à Radio Cameroun. Longtemps avant son expérience en télévision marquée par sa présentation de l’émission «Antenne libre», un programme des débats des années de braise. Tout au long de ce cheminement, Albert Mbida sera resté constant dans ses analyses, toutes en faveur de Paul Biya lors des débats publics.

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