C'est une pratique qui est bien connue dans le pays : les évacuations sanitaires des personnalités publiques vers l'Europe ou l'Asie. Elles illustrent les limites du système de santé national en qui les pouvoirs publics eux-mêmes n'ont guère confiance alors qu'ils sont les décideurs, ceux-là même qui doivent décider que le plateau technique soit adapté et puisse sauver des vies.
Le phénomène d'évacuation suscite régulièrement de vifs débats, soulignant le contraste entre les privilèges des élites et les défis quotidiens du système public. Paul Biya, le président de la République depuis 1982, effectue régulièrement ces dernières années des allers-retours entre la Suisse et le Cameroun pour se faire soigner.
On le sait, le patron du parti au pouvoir n'est plus jeune. Il est fatigué et n'arrive plus à se tenir sur ses jambes sans être « dopé », nous a une fois confirmé une personne au sein de son entourage.
Dans la même direction que Paul Biya, malgré la modernisation de certains hôpitaux locaux et les efforts vers la couverture santé universelle ces derniers temps, les plus hauts dignitaires du pays, ministres, parlementaires, supérieurs hiérarchiques dans l'armée, célébrités, etc. continuent de plébisciter les cliniques occidentales. Cette fuite vers l'étranger en cas de problème médical grave arrive à sauver certains, d'autres non.
Le Général de brigade, Ezo'o Mvondo Simon, vient malheureusement de rendre son souffle. Il était, il y a encore quelques heures, le Commandant de la première région militaire interarmées. Le haut gradé de l'armée de terre est mort ce jour à l'hôpital continental d'Hyderabad en Inde où il suivait des soins de santé intenses.
Ezo'o Mvondo Simon avait été promu au grade de Général de brigade par un décret du président Paul Biya signé le 13 août 2015, alors qu'il portait le grade de Colonel. À la fin de l'année 2013, il s'est vu confier le commandement de la 11e Brigade d'infanterie motorisée (BRIM) basée à Ebolowa. Il s'agit d'unité d'élite jouant un rôle crucial dans le renseignement et la sécurisation des frontières face aux incursions de bandes rebelles à l'Est et au Sud. Le collaborateur de Paul Biya était marié et père de trois enfants.
L'évacuation sanitaire n'aura donc pas sauvé le patient, une des figures importantes du paysage sociopolitique camerounais.









