Dans un texte d'une rare violence, le Dr Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales, dresse un portrait sans concession du vice-amiral Joseph Fouda. Elle y retrace l'ascension d'un « manipulateur narcissique » qu'elle accuse d'avoir bâti un « réseau d'extorsion, d'escroquerie et d'activités illicites » sous couvert de son grade. Une charge qui intervient dans le cadre du conflit judiciaire qui l'oppose au conseiller spécial du président Paul Biya.
C'est un réquisitoire qui ne laisse aucune place au doute. Dans un texte intitulé « Portrait d'un gangster d'État », le Dr Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales et présidente de LIVIA Foundation, s'attaque frontalement au vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya. Elle y décrit un homme qu'elle présente comme le produit d'une « bonté mal placée », dont l'ascension au sommet de l'État se serait construite sur la manipulation et l'exploitation de sa proximité avec le pouvoir.
Une ascension par l'intrigue
Selon les éléments biographiques qu'elle rapporte, le Dr Ngobo situe les origines du rapprochement de Joseph Fouda avec le cercle de Paul Biya aux années 1975-1982, alors que celui-ci était encore Premier ministre. Elle le décrit comme « un jeune homme au chômage, traînant sa misère sur les courts du Tennis Club de Yaoundé ». C'est en abordant la première épouse du chef de l'État, feue Jeanne-Irène Biya, au marché, sous prétexte de servir son époux sur les terrains, qu'il se serait immiscé dans l'ombre du pouvoir.
Touchée par une « compassion maternelle », la Première Dame lui aurait ouvert les portes de la Résidence du Premier Ministre, avant de faire pression sur son époux pour lui offrir une place à l'École militaire du Maroc. Une « chance inespérée » qui allait transformer radicalement sa trajectoire, selon le Dr Ngobo.
Le contraste avec le colonel Metogo
Pour souligner ce qu'elle présente comme l'indignité du vice-amiral Fouda, le Dr Ngobo établit un parallèle avec le colonel à la retraite Gabriel Metogo Atangana, qu'elle décrit comme « l'excellence, la compétence et l'honneur ». Officier supérieur issu de l'EMIA, créateur et premier commandant des Forces Spéciales de l'Armée camerounaise, unique rescapé de l'accident ayant coûté la vie au capitaine Roger Motaze, le colonel Metogo aurait dû achever sa carrière au grade de Général de Brigade.
Selon le Dr Ngobo, c'est la « jalousie maladive, le narcissisme, la haine » et les « interférences toxiques » du vice-amiral Fouda qui l'en auraient empêché. Elle affirme que ce dernier aurait réussi à « déconnecter » le colonel Metogo du sérail présidentiel par « la fabrication de fausses preuves et des accusations mensongères ».
« Un manipulateur narcissique sans foi ni loi »
Le portrait brossé par le Dr Ngobo est celui d'un homme « incapable de parachever les formations élémentaires indispensables (CEM, DEM, Brevet de l'École de Guerre) », dont la médiocrité aurait engendré une « haine tenace » contre ceux qui incarnaient le mérite. Elle lui reproche d'avoir « choisi la manipulation outrancière, usant de la ruse pour s'imposer autour du Chef de l'État et bâtir un vaste réseau d'extorsion, d'escroquerie et d'autres activités illicites » sous couvert de son grade, de son nom et de son titre.
Le Dr Ngobo voit dans l'affaire l'opposant à Hervé Parfait Mbapou l'illustration parfaite de cette « moralité douteuse ». Elle rappelle que Mbapou était employé par le vice-amiral depuis plus de sept ans. Selon son récit, lorsque Alain Ekassi aurait contacté Mbapou pour lui transmettre des informations concernant l'homme d'affaires Jean Gakam, lié à Afriland First Bank, Mbapou les aurait transmises à son employeur, Joseph Fouda.
Au lieu de faire prévaloir le droit, le vice-amiral aurait « instrumentalisé immédiatement les moyens de l'État ». Utilisant ses réseaux au sein de la Gendarmerie Nationale et « profanant le nom du Chef de l'État », il aurait orchestré une dénonciation dans le seul but de « rançonner et d'extorquer » Jean Gakam.
Le Dr Ngobo affirme que le vice-amiral Fouda a tenté de faire porter le chapeau au colonel Metogo en le faisant passer pour un « faux contre-amiral » usurpant son identité. Face à son propre refus catégorique de céder au chantage et de livrer un faux témoignage contre son collègue, c'est à ce moment que « le rouleau compresseur criminel a été déclenché dans l'ombre » contre sa personne.
Cette déclaration s'inscrit dans le cadre du conflit judiciaire qui oppose le Dr Olive Ngobo au vice-amiral Joseph Fouda. En août 2026, elle a officiellement déposé une plainte contre lui auprès du Tribunal militaire de Yaoundé, l'accusant notamment d'escroquerie aggravée, de corruption, de complicité d'enlèvement et de torture, et réclamant une réparation intégrale de 6,5 milliards de FCFA pour les préjudices subis, dont la perte de sa grossesse durant une détention de 49 jours en 2024.
Elle conteste également la thèse du « faux contre-amiral » défendue par le haut gradé, affirmant que Joseph Fouda est lui-même « au cœur d'un mécanisme » dans lequel son nom et son grade auraient été utilisés pour des activités frauduleuses. Une position que partage l'homme d'affaires Hervé Parfait Mbapou, qui avait déjà désigné le vice-amiral comme le « responsable central » de divers scandales dès 2024.
Le texte du Dr Ngobo se conclut par un avertissement : « Tout ce qui s'édifie sur le mensonge et le sacrifice d'innocents est voué à un effondrement inéluctable. » La suite des révélations est annoncée pour un prochain épisode.









