Actualités of Thursday, 29 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Revirement spectaculaire: Samuel Eto'o et la CRTV, la fin d'une guerre de plus de deux ans

Samuel Eto'o Samuel Eto'o

Après plus de deux années de boycott et de tensions, la chaîne nationale camerounaise a couvert ce mercredi la visite du président de la FECAFOOT au Musée Maritime de Douala. Un revirement spectaculaire qui pourrait annoncer un dégel dans les relations entre Samuel Eto'o et la télévision publique.

Depuis plus de deux ans, les relations entre Samuel Eto'o et la CRTV (Cameroon Radio Television) étaient au point mort. La télévision nationale avait purement et simplement cessé de couvrir les activités de la Fédération camerounaise de football, dans ce qui ressemblait à un boycott en règle.
Ce bras de fer opposait en réalité le président de la FECAFOOT à Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence de la République, réputé pour exercer une influence considérable sur la chaîne publique. Les observateurs de la scène politico-sportive camerounaise y voyaient l'illustration d'un conflit de pouvoir dépassant largement le cadre du football.

Le boycott ne s'est pas limité à une simple absence de couverture médiatique. Selon plusieurs sources, des émissions auraient été organisées sur la chaîne nationale dans le but explicite de dénigrer le quadruple Ballon d'Or africain et de critiquer sa gestion de la FECAFOOT.

Face à cette campagne, Samuel Eto'o n'avait pas mâché ses mots. L'ancien capitaine des Lions Indomptables était allé jusqu'à qualifier publiquement la CRTV de "chaîne de sabotage", une sortie fracassante qui avait marqué les esprits et cristallisé l'ampleur du fossé entre les deux parties.

C'est donc avec une grande surprise que les observateurs ont découvert ce mercredi un reportage de la CRTV consacré à la visite de Samuel Eto'o au Conseil National des Chargeurs du Cameroun et au Musée Maritime de Douala. Plus encore, le ton du reportage était résolument positif, voire dithyrambique, célébrant la présence de la star camerounaise et sa nomination comme ambassadeur du Musée Maritime.

Un revirement à 180 degrés qui soulève de nombreuses questions : s'agit-il d'un geste isolé ou du signe d'un véritable dégel dans les relations entre Eto'o et les autorités qui contrôlent la chaîne nationale ?

Plusieurs éléments pourraient expliquer cette évolution. D'abord, la visite au CNCC s'inscrivait dans un cadre institutionnel et économique, loin des polémiques sportives qui ont souvent alimenté les tensions. Ensuite, la nomination d'Eto'o comme ambassadeur du Musée Maritime représente un engagement culturel et patrimonial difficilement critiquable.
Certains analystes y voient également la possibilité d'une médiation en coulisses, visant à normaliser les relations entre le président de la FECAFOOT et les autorités. Dans un contexte où le Cameroun se prépare à accueillir des compétitions internationales, une telle réconciliation pourrait servir les intérêts de toutes les parties.



Il est encore trop tôt pour crier victoire. Un reportage, aussi positif soit-il, ne suffit pas à effacer deux années de boycott et de tensions. La véritable question sera de savoir si cette couverture médiatique marque le début d'un traitement équitable et régulier des activités de la FECAFOOT par la chaîne nationale.

Les prochaines semaines seront déterminantes. Si la CRTV continue de couvrir les activités du football camerounais de manière normale, cela signifiera qu'un tournant a effectivement été pris. Dans le cas contraire, ce reportage pourrait n'être qu'une parenthèse sans lendemain.

Au-delà des ego et des luttes de pouvoir, c'est bien le football camerounais qui a le plus souffert de ce conflit. L'absence de couverture médiatique sur la chaîne nationale a privé les Lions Indomptables et les compétitions locales d'une visibilité essentielle auprès du grand public.

Si ce mercredi marque réellement le début d'une normalisation, ce sera une bonne nouvelle pour tous les acteurs du ballon rond camerounais. Car comme le dit l'adage : "Quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre."
Pour l'heure, Samuel Eto'o peut savourer cette petite victoire symbolique. Après avoir été ignoré puis dénigré, le voilà de nouveau sous les projecteurs de la télévision nationale, et cette fois-ci sous un jour favorable. Un revirement qui en dit long sur les rapports de force mouvants dans les sphères du pouvoir camerounais.