Actualités of Monday, 24 August 2026

Source: L'Indépendant numéro 1057

Retour de Biya : ce qui va se passer maintenant

Jeudi 20 août 2026, « Action civile 237 », un regroupement de la société civile, peu avant le retour de Paul Biya après 74 jours hors du territoire national, décrit un climat politique dominé par l’incertitude et estime que le simple retour ne suffit pas pour rétablir la confiance. La revendication est claire, des comptes doivent être rendus sur cette période hors norme.

Après des semaines passées hors du territoire national, Paul Biya a regagné le Cameroun en fin d’après-midi du jeudi, mettant ainsi fin à un séjour de plus de deux mois en Europe. Le chef de l’État avait quitté le Cameroun le 7 juin dernier. Son absence prolongée avait depuis lors suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique dans un contexte marqué par plusieurs rumeurs sur son état de santé.

À son arrivée dans la capitale Yaoundé, le chef de l’État a été accueilli par le gratin de l’autorité administrative dans la cité capitale et le gouvernement. Cette arrivée intervient dans une atmosphère particulière, quelques jours seulement après le sacre historique des Lionnes indomptables qui ont remporté leur tout premier sacre continental.

Alors que Paul Biya regagnait le Cameroun, « Action civile 237 », un regroupement de la société civile, est montée au créneau. Avant son retour, elle pointait déjà un climat politique dominé par l’incertitude et estiment que le simple retour ne suffit pas pour rétablir la confiance. La revendication est claire, des comptes doivent être rendus sur cette période hors norme.

Dans sa déclaration, « Action civile 237 » n’est pas allée du dos de la cuillère pour s’inquiéter de cette longue absence et du silence présidentiel : « Depuis cette date (ndlr, le 7 juin 2026), aucune apparition publique, aucune image datée et vérifiable, aucune adresse à la nation, aucune audience publique n’a été rapportée. Le dernier document iconographique officiel demeure celui du départ », martèle Cyrille Rolande Bechon.

Sans détour, l’hypothèse d’un retrait du président de la République a été mis en exergue, s’il ne disposait plus de moyens pour assurer sa responsabilité présidentielle. Philippe Nanga estime que Paul Biya « a l’obligation d’assumer pleinement la fonction présidentielle ou alors de démissionner officiellement ».

Pour Action civile 237, peu importe le retour de Paul Biya, l’hypothèque reste grande : « la question n’est pas de savoir s’il n’arriverait pas, c’est de savoir dans quelle situation nous au Cameroun on est avec toute cette pratique. Ce n’est pas coutume qu’un chef d’État aille faire plus de 70 jours à l’extérieur », braille Hilaire Kamga.

Action civile 237 demande à Paul Biya de rendre des comptes : « en 2025, on nous dit que le peuple a élu le président Paul Biya. Si c’est le peuple qui l’a donc élu, le président de la République doit lui rendre des comptes ; et comme le peuple attend depuis 70 jours sans avoir des comptes, il est de notre devoir de l’interpeller », relève Jean Marc Bikoko. Au bout du compte, selon la société civile, les incertitudes l’emportent largement sur les certitudes à l’heure actuelle au Cameroun.

Quel agenda désormais ?

La chaîne de télévision nationale, la CRTV, a déployé l’artillerie lourde pour couvrir l'évènement avec près de 200 personnes, des journalistes aux des techniciens, afin de retransmettre l’arrivée et la progression du cortège vers le palais présidentiel. Finalement, les Camerounais massés devant leur écran de télévision ont à peine vu leur président.

D’abord, un salut furtif de la main depuis la limousine présidentielle et quelques minutes plus tard, des images en léger différé du couple présidentiel serrant les mains du Premier ministre et du secrétaire général de la présidence, réunis pour accueillir Paul et Chantal Biya au pied de l’avion.

Un rationnement de la figure présidentielle qui a abondamment fait réagir sur les réseaux sociaux, entre critiques du manque d’images et satisfaction de savoir le président effectivement de retour. Ce retour de Paul Biya sur le sol camerounais est venu clore une séquence entamée depuis plusieurs semaines et nourrie de rumeurs souvent alarmistes sur l'état de santé du président camerounais. Le chef d’État, réélu en 2025 pour son huitième mandat, était absent depuis exactement 74 jours, sans aucune apparition publique ni prise de parole. Une autre séquence va s’ouvrir désormais. Elle va porter sur l’agenda immédiat du chef de l’État, là encore avec de nombreuses spéculations.