Actualités of Tuesday, 27 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Remaniement ministériel au Cameroun : Les tractations secrètes entre le pouvoir et Issa Tchiroma Bakary révélées

Alors que le Cameroun attend depuis novembre 2025 un remaniement ministériel qui tarde à venir, Jeune Afrique lève le voile sur des tractations secrètes qui se sont déroulées en coulisses entre le pouvoir et l'ancien ministre Issa Tchiroma Bakary. Selon les révélations exclusives du magazine panafricain, le poste de Premier ministre aurait été proposé à cette figure de l'opposition, qui l'aurait refusé avant de choisir l'exil en Gambie. Ces négociations avortées illustrent la complexité du jeu politique camerounais et les limites de la supposée ouverture promise par le régime de Paul Biya.

Jeune Afrique révèle dans son édition du 27 janvier 2026 l'existence de plusieurs tentatives de rapprochement entre des proches du président Paul Biya et Issa Tchiroma Bakary, ancien porte-parole du gouvernement devenu opposant. Ces négociations secrètes auraient même conduit à une proposition concrète : offrir à Tchiroma Bakary le poste stratégique de Premier ministre dans le cadre d'un gouvernement d'ouverture.

Selon les informations du magazine, cette offre exceptionnelle visait à convaincre l'une des figures les plus respectées de l'opposition camerounaise de rejoindre le camp présidentiel. Un geste qui aurait constitué une véritable rupture dans la gestion du pouvoir par Paul Biya, qui n'a jamais accordé de poste véritablement régalien à un opposant en plus de quarante ans de règne. "Plusieurs tentatives ont eu lieu entre des proches de Paul Biya et Issa Tchiroma Bakary, allant jusqu'à proposer à ce dernier le poste de Premier ministre", affirme Jeune Afrique dans son enquête.

Mais contre toute attente, Issa Tchiroma Bakary a décliné cette proposition. Un refus qui a surpris les observateurs de la scène politique camerounaise et qui témoigne soit d'une méfiance profonde envers les réelles intentions du pouvoir, soit d'un calcul politique visant à préserver sa crédibilité dans l'opposition. Suite à ce rejet, l'ancien ministre a choisi l'exil en Gambie, mettant fin définitivement à tout espoir de le voir réintégrer le gouvernement.

Toutefois, Jeune Afrique soulève une question cruciale qui alimente les supputations dans les milieux politiques camerounais : ces approches étaient-elles réellement sincères ou constituaient-elles une manœuvre pour affaiblir Tchiroma Bakary au sein de l'opposition ? "On ne sait pas si ces rapprochements étaient sérieux ou s'ils n'étaient en fait destinés qu'à torpiller Tchiroma Bakary dans l'opposition", confie au magazine un politologue camerounais qui préfère garder l'anonymat.

Cette interrogation n'est pas anodine. Elle s'inscrit dans une longue tradition de stratégies de division orchestrées par le pouvoir camerounais. Jeune Afrique rappelle d'ailleurs que Paul Biya a déjà utilisé cette tactique par le passé, notamment après la présidentielle de 1992, en intégrant Hamadou Moustapha et Issa Tchiroma Bakary lui-même au gouvernement dans le but d'affaiblir Bello Bouba Maïgari, alors leader de l'UNDP.

Le refus de Tchiroma Bakary laisse désormais le champ libre à d'autres figures de l'opposition pour négocier leur entrée au gouvernement. Jeune Afrique indique que les noms de Cabral Libii, leader du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), et Joshua Osih, du Social Democratic Front (SDF), reviennent avec insistance depuis novembre dans les discussions sur un hypothétique gouvernement d'ouverture.

Cependant, une source proche de l'opposition citée par le magazine tempère ces espoirs : "Tchiroma Bakary a refusé. Bouba Maïgari est plus faible que jamais. Kamto est une cible improbable. Reste Libii ou Osih, mais qui ne seront pas des prises suffisantes pour mettre en avant une grande ouverture." Cette analyse suggère que même si ces deux leaders devaient intégrer le gouvernement, leur poids politique ne serait pas suffisant pour donner l'illusion d'une véritable ouverture.

Les révélations de Jeune Afrique sur les tractations avec Issa Tchiroma Bakary démontrent que malgré les apparences et les promesses, la véritable ouverture politique reste un horizon lointain au Cameroun. Elles confirment également que Paul Biya, même face à la pression, préfère maintenir le statu quo plutôt que de partager réellement le pouvoir avec des opposants crédibles. Près de trois mois après la prestation de serment du président réélu, les Camerounais continuent d'attendre un remaniement dont les contours restent encore mystérieux.